le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 20 janvier 2022 18:46 Autres - Others

Ré-CHAT-Pés, un organisme nécessaire

Voilà l’abri pour chats errants de Claudette, «un ange des chats!». Lorsque Ré-CHAT-Pés opère un animal, un bout de l’oreille gauche sera coupé pour les reconnaître. On s’assure ainsi que des personnes veilleront à leur bien-être même s’ils vivent à l’extérieur. — Photo courtoisie
Voilà l’abri pour chats errants de Claudette, «un ange des chats!». Lorsque Ré-CHAT-Pés opère un animal, un bout de l’oreille gauche sera coupé pour les reconnaître. On s’assure ainsi que des personnes veilleront à leur bien-être même s’ils vivent à l’extérieur.
Photo courtoisie
Depuis le printemps 2021, l’Hôpital vétérinaire de Lachute a cessé sa collaboration avec l’organisme Ré-CHAT-Pés qui permettait la stérilisation de chats errants de Lachute à prix modique.  Les membres de conseil d’administration de l’organisme, tous bénévoles, s’inquiètent de la recrudescence des colonies de chat dans la Ville de Lachute.  

C’est principalement en raison de la vente de la bâtisse des grands animaux où étaient pratiquées les interventions et la surcharge dans le milieu des soins vétérinaires qui ont poussé les propriétaires à quitter le projet.  Ré-CHAT-Pés, qui obtient du financement de la part de la Ville de Lachute à hauteur d’environ 8000 dollars par année et qui font des campagnes de financement annuelles, se sentent abandonné. «On essaie de se trouver une autre clinique, mais tout le monde nous dit non parce que tout le monde est débordé, souligne Christine Girard, qui siège au conseil d’administration de l’organisme depuis ses débuts en 2015. Ce n’est pas évident, c’est un grand engagement.  Je pourrais faire ça à temps plein.»   

Mme Girard, enseignante à l’école L’Oasis voit et côtoie des familles défavorisées. Elle sait que la cause des chats errants n’est souvent pas une priorité pour plusieurs, mais bien que celle des itinérants et des enfants lui tiennent aussi à cœur, elle pense à ces petites bêtes, qui si elles n’ont pas support n’ont aucun moyen de s’en sortir, surtout en ces temps froids. Mais plus que son amour pour les chats, c’est aussi un service aux citoyens souvent aux prises avec de graves problèmes et ses connaissances qui la pousse à s’investir autant.   

Les citoyens habitant près du Maxi boulevard Providence remercient l’organisme qui a mis fin à une colonie qui ne cessait de croître et qui apportait son lot d’autres problèmes alors que d’autres animaux venaient manger la nourriture qui leur était offerte. À l’aide de cage, Ré-CHAT-Pés attrape les matous et les font stériliser à moindre coût afin d’arrêter la propagation. Cependant, on s’assure qu’il y aura des âmes généreuses pour s’occuper d’eux. Plusieurs citoyens nourrissent et abritent ces chats parce que regarder un animal errant souffrir est intolérable, comme Claudette, qui investit ses propres sous dans un abri isolé et des bols chauffants pour leur fournir de l’eau.  «C’est un ange des chats! », s’exclame Mme Girard, qui reçoit même des appels sur son cellulaire personnel. Bénévolement, certaines partent avec leur voiture pour faire opérer des chats à l’extérieur de la ville. Et quand ce sont des appels de propriétaires furieux qui ne veulent pas de chats, on les dirige vers Alexandre Roy de la patrouille canine. 

Ré-CHAT-Pés travaille de concert avec M. Roy, qui offre un service de fourrière municipale depuis plusieurs années.  En plus d’aider certains propriétaires à retrouver leurs animaux de compagnie, M. Roy doit aussi répondre à plusieurs plaintes. On pratiquerait déjà plus d’une dizaine d’euthanasies par année pour la région. «Il faut aussi penser aux gens qui doivent faire la piqûre sur des animaux en pleine santé. C’est très difficile moralement et psychologiquement pour le personnel des hôpitaux vétérinaires et les responsables de fourrière, tel Alex Roy.  Au final, les coûts de l’abandon et des personnes qui laissent leur chat non opéré sont pour tous», avance Mme Girard.  

Parce que des chats abandonnés par des familles, il y en a plusieurs. «On le voit tout de suite quand ce sont des chats domestiques.  Eux, on essaie de les replacer», ajoute celle qui a trouvé de nouveaux foyers pour six chats depuis le début de l’hiver. Mais l’énergie et les bénévoles manquent cruellement. 

 Selon l’organisme Ré-CHAT-Pés, le problème est avant un problème d’éducation et de responsabilisation. Bien que plusieurs villes, dont celle de Lachute depuis un an, obligent les propriétaires à faire opérer leur animal de compagnie, il est difficile de s’assurer de la mise en place de cette règle. «On pourrait demander une déclaration écrite du citoyen ou une preuve du vétérinaire», avance Mme Girard, qui  désire parler du problème d’abandon plus souvent que le 1er juillet lors des déménagements. C’est aussi important de connaître les engagements et les frais qui sont reliés à l’adoption d’un chat. Il en coûterait un peu plus de 200$ pour stériliser un chat, qui peut l’être dès son adoption.   

D’ailleurs, un projet a été déposé à la MRC d’Argenteuil l’année dernière. Le Dr Jean-François Fortin de la Clinique de Saint-Benoit à Mirabel serait prêt à instaurer une clinique de stérilisation ambulatoire pour toutes les MRC d’Argenteuil. «C’est prouvé que la stérilisation réduit de façon drastique le nombre de chats errants.  On le voyait», se désole Mme Girard, qui s’inquiète d’une nouvelle colonie dans le secteur du parc Richelieu.  Ils sont toujours dans l’attente d’une réponse de la MRC quant à leur projet. Ils aimeraient qu’il voie le jour le plus rapidement afin de ne pas perdre tous les pas qui ont été réalisés depuis 7 ans. En plus d’enrayer la prolifération qui peut passer à plus de 20000 chatons potentiels en moins de 4 ans pour un seul couple, la stérilisation des chats errants diminue plusieurs problématiques, comme les batailles de ruelle et les dommages dus aux excréments. 

Photo Mylène Deschamps