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le Mardi 26 janvier 2021 21:28 Autres - Others

Revenir au bercail pour vivre sa passion

Éric Poulin est content de l’équilibre professionnel qu’il a atteint, mêlant ses fonctions au sein du Carrefour Jeunesse-Emploi à ses activités de scène. — photo Patrick Hacikyan
Éric Poulin est content de l’équilibre professionnel qu’il a atteint, mêlant ses fonctions au sein du Carrefour Jeunesse-Emploi à ses activités de scène.
photo Patrick Hacikyan
Comme bien des jeunes d’Argenteuil, Éric Poulin a quitté la région pour poursuivre ses études postsecondaires. Mais il s’agissait d’un exil bien temporaire.

«J’ai quitté ma ville, mais je voulais revenir m’établir dans la région», se rappelle Éric Poulin, de Lachute. Plusieurs le reconnaitront. En effet, il anime Parcours d’été à la TVC d’Argenteuil, émission où il reçoit des personnalités d’Argenteuil comme invités pour parler de leur parcours de vie, le temps d’un trou de golf. D’autres l’auront vu à la télé, au théâtre ou encore sur scène en tant que musicien, puisqu’Éric Poulin est également chanteur rock avec plusieurs albums à son actif.

photo Patrick Hacikyan

M. Poulin est aussi un des agents du Carrefour Jeunesse-Emploi d’Argenteuil. Il s’occupe de Place aux jeunes en région, une initiative visant à accompagner de jeunes personnes qui pensent s’installer en région.

 «À l’école primaire, on ne sait pas encore nécessairement ce que l’on veut faire de sa vie. Mais au secondaire un évènement m’a ouvert les yeux quant à mes intérêts.»

Le père de M. Poulin, André, était un musicien accompli et assez reconnu dans la région en raison de son groupe de musique Les Mandrakes, qui s’est beaucoup livré en spectacle dans la région au courant des années 1960. En 1984, son père a fait un retour sur scène avec ses anciens acolytes du groupe. Cela a été la bougie d’allumage pour Éric Poulin et ses cousins. Ils ont décidé sur le champ de former un groupe musical. Il n’a jamais arrêté de faire de la musique depuis ce temps.

À ce stade de sa vie, M. Poulin rêvait de se consacrer à la scène et d’aller au CÉGEP de Sainte-Thérèse étudier le théâtre. Comme plusieurs jeunes à son âge, il s’est heurté aux objections et aux obstacles sur sa route.

«La dame au téléphone du CÉGEP de Sainte-Thérèse était plutôt bête. Elle m’a demandé si j’avais une quelconque expérience en théâtre. Quand je lui ai répondu par la négative, elle m’a carrément découragé de venir à l’audition puisque selon elle, j’allais leur faire perdre leur temps», se rappelle M. Poulin. Notre comédien en herbe découragé ira donc étudier en Techniques administratives, mais tout en poursuivant ses passions de la musique et du théâtre.

 C’est à ce stade que le jeune Éric est parti comme tant d’autres, s’établir à Montréal, où il a travaillé dans une compagnie de technologie de béton. «J’habitais à Hochelaga-Maisonneuve et je travaillais à Laval. Pendant ce temps j’ai pris une pause musicale. J’ai fini par retourner chez mes parents comme tant d’autres l’ont fait.»

Après le 11 septembre 2001, M. Poulin vit un point tournant dans sa vie et décide de se consacrer entièrement au spectacle. Il venait de rencontrer Caroline Gratton, celle qui deviendrait son épouse, dans un concert de Steve Hill à Lachute.

«J’ai eu la chance de recevoir de bonnes valeurs de mes parents, Mireille et André Poulin, soutient-il. C’est sûr qu’ils étaient réticents à ce que je me consacre entièrement à la scène, car cela amène une insécurité financière, mais ils m’ont toujours encouragé.»

Pendant cette période, M. Poulin roulera sa bosse dans le domaine. Il retourne donc avec son épouse vivre à Montréal entre 2002 et 2006, période pendant laquelle il finira par organiser de multiples spectacles et se faire un nom dans son domaine. Ce dernier cherchera d’ailleurs toujours à offrir une place sur la scène aux artistes d’Argenteuil.

En 2004, il lancera Chantez-nous votre cinéma pour la fibrose kystique, à l’intention de son neveu atteint de cette maladie. Il récoltera ainsi des fonds pour la recherche sur la fibrose kystique. L’évènement aura lieu deux fois à Montréal et six fois à Lachute. C’est à cette époque qu’Éric Poulin et sa femme décident de revenir de manière définitive à Lachute. La région natale l’a toujours appelé à revenir. De retour, il a travaillé à Radio Nord comme animateur. Un jour, la chance lui a souri sous la forme d’une offre d’emploi du Carrefour Jeunesse-Emploi d’Argenteuil. S’il a accepté cette offre avec enthousiasme, c’est parce qu’elle lui permettait d’accompagner des jeunes qui songent à venir s’établir dans Argenteuil. Ayant lui-même passé par là des années auparavant, M. Poulin a relevé le défi.

Opérer une grande séduction pour charmer la jeunesse qui veut s’établir en région est tout indiqué comme emploi pour le Lachutois aux multiples talents. M. Poulin tient à souligner l’apport inestimable de sa patronne, Johanne Dumouchel.

«Sans elle, je ne serais pas ici aujourd’hui. Notre équipe est à son image et elle n’est pas notre boss mais bien une collègue et une amie», précise M. Poulin.

C’est d’ailleurs ce qui permet à Éric Poulin d’être heureux aujourd’hui et à se consacrer à ses passions dans le cadre de son travail avec Place aux jeunes ainsi qu’en poursuivant carrière dans le domaine des arts et spectacles. Un équilibre et une stabilité qui ont été construits grâce à ses propres efforts ainsi qu’à l’apport de ses proches et de son environnement. Voilà quelque chose qu’Éric Poulin aimerait transmettre aux générations futures d’Argenteuil.