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le Jeudi 10 septembre 2020 17:37 Autres - Others

Un brillant avenir pour Argenteuil

Étienne Malouin-Chénier, qui a grandi à Brownsburg-Chatham, n’a que 19 ans, mais déjà son engouement pour la politique reflète son engagement social et son amour inconditionnel pour sa ville et Argenteuil. — photo André Farhat
Étienne Malouin-Chénier, qui a grandi à Brownsburg-Chatham, n’a que 19 ans, mais déjà son engouement pour la politique reflète son engagement social et son amour inconditionnel pour sa ville et Argenteuil.
photo André Farhat
Il a 19 ans, mais sa feuille de route et ses manières posées nous laisseraient croire qu’il en a bien plus. Étienne Malouin-Chénier est un exemple de la relève discrète, mais active qui est si capitale à l’essor durable d’Argenteuil.

«Je suis encore jeune, mais je commence à avoir un peu d’expérience», affirme Étienne Malouin-Chénier, qui a passé l’essentiel de sa jeune existence dans Argenteuil. On dirait le natif de Brownsburg-Chatham si ce n’eut été du fait qu’il y soit arrivé à l’âge de 2 ans. Mais cela ne change pas son discours.

«J’ai toujours habité ici. C’est pour ça que je suis bien attaché à ma ville.»

Cet attachement qu’il porte envers sa communauté et la région d’Argenteuil, Étienne Malouin-Chénier le matérialise depuis l’adolescence. «Ça a commencé au secondaire, à la polyvalente Lavigne, raconte-t-il. On avait la chance de s’impliquer dans différents projets qui aidaient la communauté.»

Le projet d’Étienne s’appelait Ciel étoilé, et portait sur l’éclairage municipal. «On faisait des présentations dans les différents conseils de ville, de la MRC, etc. pour sensibiliser les maires et les conseillers à adopter des politiques pour l’éclairage public de nos rues et parcs. Avec la technologie, on a développé différents types d’éclairage qui causent moins de pollution nocturne.»

C’est au fil de ces présentations qu’il a eu la piqure pour l’engagement social et communautaire. Autre effet secondaire plaisant : «Au début, comme je n’étais pas à l’aise dans les présentations, mais je le suis devenu.»

Sur l’engagement politique

Par la suite, certaines rencontres ont été déterminantes, comme avec le député libéral provincial Yves Saint-Denis. «Il a vu que j’avais un bon intérêt pour la politique, alors il m’a invité à venir voir au niveau provincial comment ça se passait, et j’ai encore plus accroché.» Étienne raconte comment il pouvait suivre M. Saint-Denis enchainer évènement après évènement au cours d’une fin de semaine.

Il ne fallait qu’un pas donc pour que l’adolescent se joigne à l’association libérale d’Argenteuil, puis dans le comité des jeunes libéraux des Laurentides. «Ça m’a permis de pousser mon implication plus loin, et je suis devenu président régional du comité.»

Durant un an et demi, d’abord sous le gouvernement Couillard, il a coordonné les activités, du comité, et le recrutement «pour sensibiliser les jeunes à l’importance de s’intéresser à la politique». Il a poursuivi son travail là lorsque les libéraux se sont retrouvés dans l’opposition.

Sur l’expérience internationale

Lors de ses études en administration au cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, il a participé à la plus grande simulation internationale des Nations unies, à New York. «Je représentais le Royaume-Uni sur le conseil de sécurité, on a passé une semaine à jouer les diplomates», se rappelle-t-il avec excitation. L’expérience lui a tellement plu qu’il n’exclut pas la répéter.

En 2019, il a été admis à HEC Montréal, en administration des affaires, avec spécialisation en comptabilité. «J’avais pensé étudier en politique, explique-t-il, mais l’administration des affaires, ça donne une bonne expertise dans pas mal tous les domaines, au privé comme au public.» Toutefois, il n’a jamais été question qu’il laisse tomber le côté social de la politique.

«Je ne veux pas être juste dans les chiffres. Ce n’est pas assez humain.»

Cette même année, il a joint le comité consultatif national sur la jeunesse de la GRC. «Ce qui est ressorti vraiment, c’est que dans les milieux ruraux du Canada, les enjeux se ressemblent, et c’est souvent dans les écoles qu’on peut aider les jeunes.»

Sur l’engagement local

Malgré ses pèlerinages nationaux et internationaux, Étienne Malouin-Chénier demeure résolument ancré dans la communauté. En janvier 2020, il a siégé au Parlement étudiant du Québec, en compagnie de Timmy Jutras, un autre des jeunes Argenteuillois voués à un avenir étincelant. «J’étais député de Papineau, le comté voisin d’Argenteuil que Timmy avait, et j’étais ministre de l’Éducation.» Il y a entre autres vu comment «on peut aider les gens et développer une certaine proximité avec eux tout en étant au Parlement.»

Cependant, Québec est encore un peu loin de son esprit pour l’instant. «J’aime beaucoup la politique municipale, c’est ce qui te permet d’être le plus près des citoyens.»

Lorsqu’on aborde le sujet des élections municipales en 2021, il n’exclut rien tout en demeurant prudent. «J’y ai réfléchi beaucoup, mais je ne suis pas prêt à prendre une décision – il est trop tôt, reconnait-il. Je verrai où j’en suis rendu dans mes études. Mais oui, absolument, ça m’intéresse».

Sur la région

On l’a dit, Étienne Malouin-Chénier est profondément attaché à Brownsburg-Chatham et à Argenteuil, et il réfléchit constamment aux questions locales et régionales. «Notre région a un potentiel énorme, il faut juste trouver comment l’exploiter correctement et comment l’améliorer», affirme-t-il, d’un ton calme qui camoufle toutefois mal l’ardeur avec laquelle il tient à l’avenir de cet endroit.

«Les enjeux à venir sont assez grands, avance-t-il. Je pense qu’on est la plus belle région du Québec, mais ça vient avec son lot de défis.»

Selon lui, devant les graves difficultés que vivent nombre d’entreprises d’ici, «il faut trouver des solutions pour que les gens consomment plus localement». Il croit aussi qu’Argenteuil aurait intérêt à être mieux connue dans le Québec, afin d’accroitre la population de la MRC.

«Il faut absolument travailler là-dessus, affirme-t-il, catégorique. Ça va être difficile d’obtenir des acquis pour la région, du développement économique et social, des infrastructures si on n’a pas davantage de citoyens qui arrivent.»

Étienne Malouin-Chénier n’a pas encore 20 ans, mais déjà ses analyses sont fort poussées, et il regarde toujours vers l’avant. «Ça prend un vent de jeunesse et des personnes plus expérimentées, mais ça prend de nouvelles idées parce que ça stagne dans plusieurs villes.» Il donne pour exemple la Place du citoyen à Brownsburg-Chatham.

«C’est un exemple d’un projet qui va amener des citoyens dans la région et qui va faire monter la valeur des bâtiments autour et redonner un attrait au centre-ville.»

Il ajoute qu’afin de redynamiser la région après la pandémie, «il faut être à l’écoute des besoins des gens, ne pas juste faire semblant.»

Sur l’agriculture

Étienne a également une connaissance de première ligne de l’agriculture. «On a une fermette. L’été, je fais du foin. Cet été, les récoltes de foin ont été catastrophiques. Certains n’ont eu que 30% de leurs récoltes habituelles.»

Dans une région en grande partie agricole, cette expérience réelle n’est pas anodine. «Les gouvernements aident beaucoup, mais au niveau municipal, il y aurait des actions à prendre», affirme celui dont le premier emploi a été de cueillir des fruits l’été.

«Je ne crois pas que le mot soit exagéré. Il faut un plan d’urgence pour les soutenir.»

Étienne en a aussi long à dire sur l’équilibre entre économie et écologie, ainsi que sur l’industrie récréotouristique. L’espace manque pour faire le tour de toutes ces questions complexes.

Finalement, quand on lui demande en quoi son jugement a évolué depuis les années, sa réponse est à la hauteur de son tempérament. «C’est avec la maturité qu’on apprend à développer sa réflexion», observe-t-il. «Au début, on a des opinions bien définies, mais avec le temps, on apprend à réfléchir et on s’en rend compte que la politique, ça ne peut pas être que de débattre et ne jamais être d’accord avec lui. Quand on veut aider les gens, il faut trouver un consensus. On apprend à nuancer nos opinions et à écouter les autres. »

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