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Les derniers vilains: la légende de Mad Dog et The Butcher

Pour Paul Rollins, rencontrer et discuter avec Paul «The Butcher» Vachon, le dernier membre survivant de la légendaire famille de champions de lutte du Canada, était le rêve d'une vie. Les entretiens de Paul Rollins avec Paul Vachon sont devenus le point de départ des Derniers Vilains, un film semi-documentaire sur la vie et la légende de Paul et de son frère ainé, Maurice «Mad Dog» Vachon, qui restent des héros sportifs vénérés au Québec et des noms respectés dans les annales de la lutte professionnelle à travers le monde — photo fournie
Pour Paul Rollins, rencontrer et discuter avec Paul «The Butcher» Vachon, le dernier membre survivant de la légendaire famille de champions de lutte du Canada, était le rêve d'une vie. Les entretiens de Paul Rollins avec Paul Vachon sont devenus le point de départ des Derniers Vilains, un film semi-documentaire sur la vie et la légende de Paul et de son frère ainé, Maurice «Mad Dog» Vachon, qui restent des héros sportifs vénérés au Québec et des noms respectés dans les annales de la lutte professionnelle à travers le monde
photo fournie
Les frères Vachon, Mad Dog et The Butcher, sont devenus des légendes canadiennes dans le monde de la lutte professionnelle et Paul Rollins a eu la chance de faire de leur histoire un film primé.

«Je croyais qu’il y avait une histoire derrière la vie de ces lutteurs», a déclaré Paul Rollins, un résident du comté de Prescott, lors d’une entrevue  sur Les derniers vilains, le film qu’il a écrit et coproduit.

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Maurice «Mad Dog» Vachon et Paul «The Butcher» Vachon sont les membres les plus connus, et les plus célèbres, de la famille de lutteurs professionnels Vachon du Canada. Avec leur sœur, Diane, et la fille adoptive de Paul, Luna, les Vachon ont apporté leur propre part d’exploits légendaires à l’histoire de la lutte professionnelle.

Élevés dans la région des Cantons de l’Est, Maurice et Paul Vachon ont tous deux fait leurs débuts dans la lutte en compétition amateur et ont récolté les honneurs grâce à leurs compétences et à leurs forces.

Maurice a fait partie de l’équipe canadienne de lutte aux Jeux olympiques de 1948 à Londres, où il a terminé septième dans la compétition de lutte libre des poids moyens. Deux ans plus tard, il remporte la médaille d’or aux Jeux de l’Empire britannique de 1950, précurseurs des Jeux du Commonwealth. Paul Vachon a été médaillé d’argent aux Championnats canadiens de lutte amateur de 1957.

Né pour être mauvais

Les deux frères Vachon se sont lancés dans la lutte professionnelle avec le même objectif : être les meilleurs et battre tous ceux qu’ils affrontaient. Pour les Vachon, être les meilleurs en lutte signifiait être les meilleurs lutteurs de tous les méchants.

Leurs surnoms ont évolué en fonction de leur style de combat individuel et agressif. Ils sont devenus des méchants, mais ils étaient des méchants que les admirateurs pouvaient respecter même s’ils criaient et sifflaient chaque fois que Mad Dog ou The Butcher montait sur le ring.

Lorsqu’ils ne battaient pas leurs adversaires sur le ring, les frères Vachon étaient actifs dans la promotion de la lutte professionnelle dans leur province natale. Ils étaient au cœur de l’évènement sportif télévisé Le Grand Prix de Lutte de Montréal.

«C’était énorme, a déclaré M. Rollins à propos du Grand Prix de lutte. Il a eu une vie courte, mais à son époque, après six mois de diffusion, il avait des taux d’audience plus élevés au Québec qu’à Hockey Night in Canada. Ils ont fait connaitre André le Géant au monde entier, et ils ont fait apparaitre beaucoup de grands noms de la lutte à l’antenne.»

Bien qu’ils aient tous deux joué les méchants sur le ring, Paul Rollins se souvient d’une observation que Mad Dog Vachon a faite sur sa vie dans la lutte.

«J’ai essayé toute ma carrière d’être détesté, a déclaré Maurice Vachon lors d’une certaine entrevue. À la fin, j’ai été aimé.» De confirmer M. Rollins:«Il était très bien aimé au Québec.»

Après une carrière de lutteur qui s’est étendue sur 57 ans, Maurice Vachon a passé l’année 1986 à faire une tournée d’adieu d’un an dans des salles, petites et grandes, à travers le Canada. Ces derniers combats ont permis de voir M. Vachon sous un jour différent, affrontant des adversaires plus jeunes et plus forts que lui, adossés aux cordes et presque sur le point de perdre le combat jusqu’à ce que Mad Dog se rallie au dernier moment pour gagner la bataille et finir chaque soir en héros devant une foule en délire. 

Le film

M. Rollins est né à Montréal et a connu la famille Vachon lorsqu’il était enfant. Il avait l’habitude de jouer avec Luna, la fille de Paul Vachon, et un jour Paul a emmené le jeune Paul Rollins voir l’un des évènements du Grand Prix de lutte.

Après avoir travaillé comme acteur dans l’industrie télévisuelle et cinématographique canadienne, M. Rollins a concentré ses efforts créatifs depuis 2001 sur l’écriture de scénarios et la production de films. Son premier projet réussi en 2002 a été un film sur les Hiltons, une famille de boxeurs.

Puis, il y a cinq ans, il a eu l’occasion de s’assoir avec Paul Vachon et de lui parler de l’obtention des droits et de l’autorisation de faire un film sur lui, son frère et d’autres membres de la famille de boxeurs Vachon. Paul Vachon avait pris sa retraite de la lutte depuis longtemps, mais faisait toujours partie de ce monde du spectacle sportif, ayant écrit quatre livres sur sa vie et ses expériences de lutteur et sur son frère, Maurice.

Le résultat final de l’entretien entre Paul Rollins et Paul Vachon a été le documentaire Les Derniers Vilains, qui porte sur la vie et la légende de Mad Dog and the Butcher, tiré des souvenirs et des anecdotes de Paul Vachon, en plus des propres recherches de Paul Rollins sur la famille Vachon.

Le film a été présenté en septembre 2019 au Festival du film de Québec où il a remporté le Prix du jury cinéphile pour le meilleur premier film. Le film a ensuite été sélectionné à trois reprises aux 22e Prix Cinéman du Québec en 2020 pour le meilleur film documentaire, la meilleure cinématographie dans un documentaire et le meilleur montage dans un documentaire.

Aujourd’hui, M. Rollins, pour son documentaire Les derniers vilains, est en lice pour un Prix Gémeaux, qui est remis par de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, dans la catégorie du meilleur producteur d’une émission ou d’une série documentaire, d’une biographie ou d’un profil.

«C’est formidable», a déclaré M. Rollins à propos de sa nomination, tout en précisant qu’il ne se concentre pas sur l’annonce finale des prix à venir, mais sur ses projets actuels.

L’un est un film sur le thème de l’environnement, l’autre une minisérie sur le sport. Tous deux en sont encore aux premiers stades de leur développement et il est donc réticent à dévoiler plus de détails. Ce qui compte, c’est de faire ce qu’il aime faire, c’est-à-dire faire des films.

«Je pense toujours qu’il y a une histoire à raconter dans chaque chose, dit-il. On m’a dit un jour que faire un film, c’est comme essayer de lutter contre un éléphant. Cela peut sembler impossible, mais si vous n’abandonnez jamais, cela peut arriver. C’est ce que je dis aux jeunes. Si vous avez une grande idée et une grande passion, alors n’abandonnez jamais.»