le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 27 août 2020 18:53 Autres - Others

Un Rochelandais toujours aux postes

Le caporal-chef Patrick Barré, chef de poste pour l'opération IMPACT, trie le courrier en provenance du Canada pour le distribuer aux troupes au Camp Canada, au Koweït, le 10 aout 2020. — photo fournie
Le caporal-chef Patrick Barré, chef de poste pour l'opération IMPACT, trie le courrier en provenance du Canada pour le distribuer aux troupes au Camp Canada, au Koweït, le 10 aout 2020.
photo fournie
Les batailles se gagnent sur le terrain, dit-on. Mais l’amour du pays et de la famille sont des liens si forts que les militaires leur attachent une grande importance, encore plus à l’étranger. Portrait d’un militaire de Rockland qui s’assure que ces liens soient bel et bien maintenus.

Le caporal-chef Patrick Barré en a parcouru du chemin depuis Rockland, sa ville natale. Fils de militaire, frère de militaire (son frère est aviateur dans l’Aviation royale canadienne), le caporal-chef est depuis le 30 mai au Moyen-Orient, au Koweït plus précisément, et sera de retour en décembre. Il y occupe un rôle très important et trop souvent oublié, celui de maitre de poste. Il fournit donc aux effectifs sur place des services postaux personnels en plus d’assurer la liaison postale des communications officielles, tout en veillant au maintien du système postal lors de déploiements opérationnels.

Pour le caporal-chef Barré, la réception du courrier «est un lien très important entre le personnel déployé et leur famille», ajoutant que «je contribue un petit maillon dans la grande chaine logistique pour que les troupes se sentent soutenues». Sa mère Darlene et son père Benoît évidemment très fiers de leur fils, mais ils étaient tout aussi inquiets lors de son départ pour sa toute première mission, volontaire. « Il est fonceur, dit sa mère, rien ne l’arrête. »

Pour ce qui est des risques, Darlene Barré s’est fait rassurer par du personnel qui l’a informé qu’il n’était pas vraiment en danger. Et les conversations régulières que son mari et elle ont avec lui par vidéoconférence aident aussi. « La dernière chose qu’on lui dit, c’est ‘courage!’.»

Lorsqu’il est au Canada, le caporal-chef Barré est également maitre de poste, à la base de Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec. On peut s’imaginer que ce travail prend un sens encore plus soutenu lorsque les soldats passent de longues périodes à l’étranger. Même pour le maitre de poste, les petites attentions peuvent avoir un effet immense. «On lui envoie des colis-réconfort chaque mois pour lui relever le moral, explique Darlene Barré, avec des magazines, des sucreries, et ça lui fait du bien.»

Pour son anniversaire le 31 juillet dernier, sa copine, qui est à Montréal, a joint plusieurs de ses amis partout au Canada. Il a ainsi reçu une vingtaine de cartes de souhaits.

Ce qui lui plait dans son travail, c’est de voir le visage des gens s’illuminer lorsqu’ils reçoivent des colis. « Souvent, les membres reçoivent des cadeaux sentimentaux, explique-t-il, et on peut immédiatement voir la joie du soldat attendu de découvrir ce qu’il y a dans son colis. » Selon sa mère, le caporal-chef trouve son poste très valorisant. «Patrick est très social, il aime les interactions avec les gens.»

L’importance de maintenir un contact avec ses proches et sa contrée n’a plus à être démontrée. Après tout, avoir le mal du pays est une expression consacrée. Le travail de maitre de poste aide à alléger ce sentiment. « Le courrier est un véritable rappel de la maison, qui peut sembler lointaine, mais qui devient beaucoup plus proche à ce moment-là. »

Maintenant âgé de 26 ans, le caporal-chef a joint l’Armée canadienne (« l’armée de terre») à 18 ans.