le Lundi 5 Décembre 2022
le Jeudi 23 juillet 2020 20:02 Autres - Others

Les ainés veulent rester chez eux

«Tous les jours, j’ai pleuré en regardant le téléjournal.»

Ce témoignage émouvant d’une dame a été livré lors d’une rencontre organisée le 16 juillet par la députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, au parc Barron. Près de 80 personnes– pour la vaste majorité des ainés – ont participé à la rencontre dont l’objectif de la rencontre était de connaitre les besoins et désirs de cette tranche de la population qui a souffert le plus de la pandémie.

 «C’est la première fois que je me suis sentie âgée. Et ç’a été comme une claque au visage!», a-t-elle ajouté.

Dès le début de sa présentation, Agnès Grondin a indiqué que son rôle était de les écouter. Elle a toutefois prévenu les participants. « Pour moi, c’est important de vous entendre et de passer le message (…), mais pour ça, j’ai besoin d’amener non pas de l’émotion, mais des choses claires.»

Le soutien et le maintien à domicile ont dominé la rencontre. « On veut tous rester chez nous! » a scandé une dame présente, abordant la question du maintien à domicile. Clotilde Bertrand, de Pine Hill a enchainé avec passion sur le sujet. «Le maintien à domicile, c’est plus que des besoins personnels, a-t-elle expliqué, on veut vivre avec une ambiance qui ne nous déprime pas ».

Elle a exhorté la députée à chiffrer cette orientation. «On vous demande un budget sérieux pour les soins à domicile, pas juste pour le ménage, pour l’ambiance! Quand on a un beau petit coin (parlant de sa maison), on ne veut pas aller dans un CHSLD. »

Cette nuance entre les soins à domicile et le maintien à domicile a été maintes fois soulignée. Certaines ainées ont parlé de leur besoin d’avoir l’assistance de personnes qui agissent avec attention et compassion, et dont la tâche ne se limite pas à faire le ménage dans la maison, ou à prodiguer les soins de santé de base.

Moins gros, plus intime

Par-dessus tout, les personnes présentes ont témoigné de leur crainte ou de leur horreur de l’institutionnalisation.

«Votre grosse machine, elle ne se comprend pas entre elles (sic)! », a lancé une dame en référence à la centralisation des ressources dans des appareils bureaucratiques comme les Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

Pour plusieurs, la taille des établissements est aussi en cause. Nombreux sont les gens présents qui ont remis en cause la construction de nouveaux CHSLD de grande taille, pouvant accueillir des centaines de résidents.

«Vos grosses cabanes de CHSLD, a lancé une dame, c’est monstrueux!» Et plusieurs pensent que ce n’est pas financièrement mieux. «Ça coute pas mal moins cher à l’État (le maintien à domicile) que de parker les gens dans les grosses bâtisses!», a lancé une des personnes sur place.

Ils prônent la mise en place de bâtiments à échelle plus humaine.  « J’étais en Abitibi, a raconté une dame, et il y avait des résidences avec pas plus de 50 personnes. C’est une vraie famille! »

 Agnès Grondin croit qu’il est possible d’accorder ces milieux de vie, comme le domicile, une éventuelle maison des ainés et à des structures plus imposantes. « Je ne pense pas que ce soit incompatible, mais c’est sûr que l’idéal, c’est le maintien à domicile», a-t-elle affirmé.

Une multitude d’autres sujets ont été abordés, dont l’engagement communautaire intergénérationnel et les réseaux de ressources pour les ainés.