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le Mardi 14 juillet 2020 20:42 Autres - Others

Grogne autour de la Place du citoyen

L’ancien maire de Brownsburg-Chatham a réussi à réunir environ 25 opposants au projet de l’éventuelle Place du citoyen de Brownsburg-Chatham, à l’emplacement même où elle serait construite. La majorité des personnes sur place rejettent en bloc ce projet, pour des raisons diverses. — photo André Farhat
L’ancien maire de Brownsburg-Chatham a réussi à réunir environ 25 opposants au projet de l’éventuelle Place du citoyen de Brownsburg-Chatham, à l’emplacement même où elle serait construite. La majorité des personnes sur place rejettent en bloc ce projet, pour des raisons diverses.
photo André Farhat
L’ancien maire de Brownsburg-Chatham, George Dinel, a organisé un rassemblement et une conférence de presse le jeudi 9 juillet afin de manifester son désaccord face à certains aspects du projet de la Place du citoyen.

« On n’est pas ici pour critiquer le projet, mais la façon dont ça s’est fait », a expliqué d’entrée de jeu George Dinel. Un peu plus d’une vingtaine de citoyens ont entendu l’appel de George Dinel, et se sont déplacés sur le terrain vague adjacent à l’aréna Gilles-Lupien.

Il a répété qu’il n’était pas contre le projet comme tel. « Le projet, je n’ai rien contre. Je blâme la municipalité de nous avoir pris pour des… nonos.» L’ancien maire de Brownsburg-Chatham en veut à l’administration Trickey d’avoir agi selon lui sournoisement, en profitant des règles mises en place lors du confinement afin de passer en douce ce projet.

M. Dinel et d’autres soupçonnent la Ville d’avoir orchestré la consultation citoyenne comme parade, et d’avoir joué avec les apparences. Comment expliquer, selon certains, pourquoi la Ville a publié dans les hebdomadaires locaux, tous imprimés le mardi après-midi, un avis dans lequel elle cite l’adoption du règlement d’emprunt lors de la séance ce même mardi 7 juillet en soirée?

Scrutin référendaire
Selon M. Dinel, en raison des restrictions d’accès à l’hôtel de ville et des moyens de consultation en ligne, il est difficile pour les citoyens de signifier leur opposition. Il a donc proposé une façon additionnelle de mesurer l’acceptabilité sociale de ce projet. «Je leur ai demandé de faire un référendum pour savoir si les gens allaient payer cette dépense.»

Pour qu’un référendum ait lieu, les opposants devront recueillir 772 signatures. L’ancien conseiller Martin Charron est sûr d’y arriver, et compte prendre les grands moyens pour y parvenir. «Il y en a des centaines, des milliers qui sont contre », a-t-il affirmé, expliquant également qu’il comptait imprimer et envoyer par courrier – à ses frais – le formulaire de demande de scrutin référendaire à 7000 résidents de la deuxième ville en importance d’Argenteuil.

Afin de favoriser la participation du plus grand nombre, des volontaires ont mis sur place deux points de service où les opposants peuvent aller télécopier leur scrutin référendaire, ou se procurer un exemplaire vierge qu’ils peuvent remplir et télécopier ensuite. Le premier est à Whissel Town, au 70, rue du Canton, et sera ouvert de 7h à 22h. Le second est au  314, rue Principale, coin Woodland, et recevra les gens de 12h30 à 19h. Aucun numéro de téléphone n’a été transmis. Ceux qui se prévalent de ces services doivent apporter l’une des cinq preuves de résidence acceptées par la municipalité.

Opposition ou opposition?
Sur sa page Facebook, M. Charron explique que, tout comme M. Dinel, il ne s’oppose pas au projet comme tel. « Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas un mauvais projet, mais c’est un très très mauvais timing.»

Ces nuances n’ont toutefois pas été partagées par les gens présents. Lorsque L’Argenteuil a pris l’initiative de demander à l’ensemble des citoyens réunis s’ils étaient contre le projet (et non la procédure), les mains se sont levées à l’unanimité. Les raisons étaient multiples, mais les personnes interrogées y étaient vivement opposées. Selon Carole Ménard, de Brownsburg (village), «C’est un projet gigantesque pour une ville qui n’est pas si nombreuse.»

Plusieurs résidents ont cité le fait que les salles et installations actuelles sont à peine utilisées. «À la Légion, il y a un grand gymnase qui ne sert à peu près à rien», a fait remarquer un de ceux-ci. D’autres ont remis en cause la raison d’être d’une nouvelle bibliothèque. « On aurait pu fusionner avec celle de Lachute, ça aurait couté pas mal moins cher! », a affirmé un opposant.

«Je suis contre parce que les ainés qui vont y aller, on va être une douzaine», a noté Lawrence Gagné, ancien propriétaire de la marina Martha’s, dans le secteur de Cushing. Il est tombé à bras raccourcis sur le projet. « Le conseil est en train de nous en passer une autre [en référence aux fusions] ».

Plusieurs comme M. Gagné ont argüé que ce projet ne les touchait pas et qu’il couterait excessivement cher. Toutefois, bon nombre d’eux croyaient que la Ville devrait payer l’entièreté des 6,4 millions de dollars du projet. Or, les gouvernements provincial et fédéral acquitteront les deux tiers de la facture initiale.

Ce qui s’est dégagé finalement de ce rassemblement est une opposition non homogène au projet – dans sa forme, dans son pilotage ou dans son idéologie, et que le degré de connaissances sur le sujet n’est pas le même pour tous.