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le Mercredi 13 mai 2020 12:52 Autres - Others

De l’aide pour les ainés

  photo fournie
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Depuis mars, les ainés d’Argenteuil peuvent compter sur un nouveau réseau d’aidants. Abus, maltraitance ou perte de qualité de vie, Prévoyance envers les ainés des Laurentides leur apporte une aide proche et ponctuelle.

Sentinelles, éclaireurs. Ces mots évoquent de prime abord davantage les Scouts et la jeunesse que l’âge d’or et l’isolement. Et pourtant, l’organisme Prévoyance envers les ainés des Laurentides (ou tout simplement Prévoyance) en déploie aux confins de la région afin d’aider les ainés et de former les simples citoyens à faire de même.  

Depuis le mois de mars, Prévoyance dessert également Argenteuil. L’annonce en a été faite quelques jours avant le confinement, en compagnie des neuf maires des municipalités de la MRC d’Argenteuil, ainsi qu’à des membres de la MRC et du Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides. 

En plus de leur présenter les services de Prévoyance, le directeur général Gilbert Lafrenière et le coordonnateur des services pour Argenteuil, Stéphane Gagnon, leur ont offert une formation d’Éclaireur. 

Deux façons d’aider, un seul but

Fondé il y a 25 ans, l’organisme Prévoyance «est là pour tout ainé qui vit des inquiétudes ou qui a des doutes face à certains problèmes mettant en jeu son bienêtre physique et moral».  

En 2015, Prévoyance a créé le programme des Sentinelles. Cette véritable brigade compte à ce jour 24 bénévoles. Que font ces Sentinelles exactement? «Ce sont des gens formés pour connaitre tous les services disponibles dans la MRC, explique  Gilbert Lafrenière. «Quand un ainé nous appelle, la Sentinelle se rend chez lui, voit quel est le problème et quels sont les services les plus appropriés pour le régler.» Ces problèmes vont de l’aide alimentaire aux abus, en passant par la fraude.  

La formation des Sentinelles s’étale sur deux jours, et comprend quatre jours de formation supplémentaire continue par an. «La plupart de nos Sentinelles sont des retraités des milieux de la santé et de l’éducation.» 

Il est important de noter que les interventions des Sentinelles sont très ponctuelles. «Ça peut être trois à quatre fois – jusqu’à 10 fois – dans l’année qu’on va leur demander d’aller rencontrer quelqu’un, précise M. Lafrenière. Les gens qui veulent donner de leur temps, qui sont seuls et veulent socialiser, je les dirige plutôt vers la popote roulante, par exemple.» 

Les Éclaireurs : un programme pour tous

Les Éclaireurs, eux, forment la portion la plus large – et la plus accessible – de Prévoyance. Le programme se résume en une formation-éclair gratuite de 15 minutes qui consiste à inculquer chez ceux et celles qui la suivent des moyens de détecter les signes de vulnérabilité chez un ainé comme de la détresse ou de la confusion.  

M. Lafrenière donne l’exemple d’un vieil homme qui arrive à l’épicerie, pantoufles aux pieds, en plein hiver, ou qui vient payer ses taxes à l’hôtel de ville un beau matin, ayant oublié qu’il a fait la même chose la veille. 

Il s’adresse principalement aux employés de divers secteurs de l’économie qui peuvent être en contact avec des ainés. « Ce sont des caissières, des conseillères financières, des coiffeuses, des notaires, des élus, ou des pompiers volontaires dans le cadre de leurs visites de prévention », etc., explique M. Lafrenière, lui-même capitaine de la SQ (retraité). 

Plus de 1000 éclaireurs ont été formés depuis la mise sur pied du programme en 2018. La MRC et ses municipalités ont d’ailleurs manifesté leur intérêt d’offrir la formation d’Éclaireurs à leurs employés. 

Gilbert Lafrenière, qui dirige l’organisme depuis cinq ans, conclut par ce conseil. «Ne vous gênez pas pour demander de l’aide. Les ainés ont souvent peur de déranger, et ne connaissent pas les ressources ou les services qui sont là pour eux.»