le Mercredi 17 août 2022
le Mercredi 6 mai 2020 14:46 Autres - Others

L’anxiété à l’ère de la COVID-19

L’association canadienne pour la santé mentale Champlain Est (ACSM) en partenariat avec Maru/Matchbox a diffusé un sondage sur comportements et les attitudes des Canadiens durant la pandémie de la COVID-19 à l’occasion de 69e Semaine de la santé mentale annuelle, qui se déroule du 4 au 10 mai 2020. — photo fournie
L’association canadienne pour la santé mentale Champlain Est (ACSM) en partenariat avec Maru/Matchbox a diffusé un sondage sur comportements et les attitudes des Canadiens durant la pandémie de la COVID-19 à l’occasion de 69e Semaine de la santé mentale annuelle, qui se déroule du 4 au 10 mai 2020.
photo fournie
Entre anxiété, absence de liens sociaux et domination des réseaux sociaux, l’Association canadienne pour la santé mentale Champlain Est (ACSMCE) fait le bilan de la situation de la COVID-19 à l’occasion de la semaine de la santé mentale.

L’ACSM, en partenariat avec Maru/Matchbox, a diffusé un état des lieux de la santé mentale des Ontariens face au confinement dû au COVID-19.

Les données ont été publiées à l’occasion de la 69e Semaine de la santé mentale annuelle, qui se déroule du 4 au 10 mai 2020. Elles démontrent que les Ontariens se font rassurants malgré cette crise. En effet 77% des Ontariens répondent qu’ils vont bien en ces temps d’incertitude. Cependant, les Ontariens ont tendance à ressentir plus d’émotions négatives que d’émotions positives ces temps-ci (66 % négatives contre 34 % positives).

Selon l’ACSM, cette prédominance est attribuable à plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, on dénote l’absence de liens sociaux et la crainte du lendemain.

D’autre part, la COVID-19 a opéré un grand changement dans notre manière de communiquer, en entrainant une croissance de l’utilisation des médias sociaux et des services de vidéoconférence. Ce lien virtuel n’a pas pu remplacer le lien social. Les données de l’ACSM démontrent que les gens se sentent plus isolés que jamais (augmentation de 8 points en moins d’un mois, de 39 % à 47 %) et ont un profond désir de tisser de véritables liens significatifs. En fait, 70 % des Ontariens ont rapporté qu’ils aimeraient avoir des interactions sociales plus significatives dans leur vie quotidienne.

La détresse liée à la solitude, qui était un enjeu majeur de santé publique avant l’avènement de la pandémie, s’est accentuée avec les mesures de confinement et de distanciation sociale. «Les personnes qui entretiennent des liens sociaux insuffisants ou insatisfaisants présentent un risque accru d’anxiété, de dépression, de comportements antisociaux et de suicide. Et un manque de relations significatives a la même incidence sur l’espérance de vie que la consommation de 15 cigarettes par jour», peut-on lire dans le communiqué de presse de l’ASCM.

Un autre effet désastreux de la COVID-19 est l’anxiété qui bat des records ces temps-ci. Les chiffres de l’ASCM confirment cette donnée. Près de la moitié des Ontariens se sentent anxieux (49 %) alors que seulement 8 % se sentent heureux. Cette anxiété est étroitement liée aux mesures de distanciation physique et l’isolement engendré par cette situation. «Ces mesures isolent les gens à la maison, les privant de réunions familiales et d’activités en personne, et ceux-ci en ressentent apparemment les effets», explique l’ASCM dans son communiqué de presse.

Pour éviter tout effet néfaste du confinement prolongé et pour minimiser l’impact social et psychologique de cette situation, la promotrice de la santé mentale de l’ASCM, Angele D’Alessio, recommande de garder le contact social avec les amis et la famille en utilisant les moyens disponibles. «Je vous encourage à partager une image amusante sur vos médias sociaux ou téléphoner à un ami pour vous remémorer des souvenirs précieux. Peu importe les outils que vous utilisez pour vous connecter, que ce soit par téléphone, courrier, texte ou Internet, tant que nous restons connectés socialement et souvent» ,a indiqué Mme D’Alessio.

Les données recueillies sont le résultat d’un sondage mené depuis le 15 avril sur plus de 1507 Canadiens. Parmi les aspects sondés sont les émotions, les comportements et les attitudes des Canadiens durant la pandémie de la COVID-19.