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le Mardi 31 mars 2020 19:44 Autres - Others

Crues printanières : la MRC se tient au courant

  photo andré Farhat
photo andré Farhat
Avril se pointe, et le spectre des inondations de 2017 et 2019 se dresse lentement sur les riverains d’Argenteuil. Toutefois, les chiffres et les avis des autorités se veulent rassurants.

«Pour l’instant, la météo nous guide, a affirmé Marc-Olivier Labelle, maire de Saint-André-d’Argenteuil et président du comité de sécurité publique de la MRC d’Argenteuil. Si les précipitations sont raisonnables, que ça alterne entre fonte et temps frais, ça va aider.»

En tant que maire de Saint-André-d’Argenteuil, une des communautés les plus durement touchées par les inondations des dernières années, M. Labelle est bien placé pour prévoir et déceler les signaux de Dame Nature. «Hier, il y a eu un petit débordement du côté de la terrasse Raymond, annonce-t-il, mais ça s’est résorbé dans la nuit avec l’arrêt des précipitations. »  

Selon Marc-Olivier Labelle, les plans secondaires comme les rivières du Nord et Saint-André-d’Argenteuil ne représentent pour l’instant pas de réelle menace. Il a précisé que des calculs ont été faits pour voir l’ampleur potentielle de futurs débordements.  

«On est toujours en mode vigie, a-t-il ajouté. On connait à peu près toutes les maisons qui pourraient être inondées. Il y en a environ 160, et on sait les besoins généraux de ces résidents-là.»  

photo André Farhat

Données externes

Quant aux communications avec Hydro-Québec, M. Labelle a affirmé que le village a une bonne relation personnelle avec les gens de la centrale (de Carillon) . Il a également souligné les efforts de la Société d’état quant aux canaux de diffusion. «Hydro montre une plus grande ouverture et une plus grande transparence.» 

Les données d’Hydro-Québec laissent prévoir un débit de 5000 à 5500 m3/secondes, ce printemps, un volume acceptable bien en deçà des crêtes de 9000 m3/sec. enregistrées au plus fort des crues, l’an passé, à la fin avril. Il est difficile actuellement de faire ressortir des tendances à partir des données affichées par la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (CPRRO). En ce moment, le débit d’eau à la jauge de Carillon indique qu’il est supérieur de 1100 m3/s à celui à pareille date en 2019. 

La CPRRO insiste toutefois sur le fait que «les débits et niveaux réels des plans d’eau peuvent changer rapidement sans avertissement, particulièrement en période de crue », et sur la nécessité de « la nature provisoire des données » affichées sur son site Web : www.rivieredesoutaouais.ca

graphique fourni par la CPRRO

En cas d’inondations 

« Évidemment, toute la planification et la mise en place des procédures ont été grandement chamboulées par la pandémie, a affirmé M. Labelle. C’est un défi supplémentaire, mais on l’a tout de suite vu venir.» L’ancien militaire, qui dirige le comité de sécurité publique, a déclaré que «déjà le 12 mars, nous avons eu une rencontre sur le sujet des centres d’hébergement temporaires», ajoutant que des sommes étaient affectées à cela et que même des services aux chambres avaient été réfléchis.  

Selon M. Labelle, l’évacuation des gens présente par contre un problème. «En temps de pandémie, les gens ne voudront pas nécessairement partir de chez eux.» 

L’autre problème, qui est sur toutes les lèvres, est la mobilisation citoyenne lors d’inondations, qui sera compromise par les directives de distanciation physique et de limites de déplacement. 

 «Les regroupements pour faire des poches, ça va être impossible»,  a-t-il déclaré. Pour le reste, tant à la MRC qu’à Saint-André-d’Argenteuil, M. Labelle as déclaré, sans hésiter: «Nous sommes prêts».