le Mercredi 17 août 2022
le Jeudi 19 mars 2020 21:39 Autres - Others

Les agences de voyages forcées de jeter l’ancre

Selon les propriétaires de deux grandes agences de voyages de Hawkesbury, ce ne sont pas seulement les agences de voyages et l’industrie touristique canadienne (et globale) qui vont souffrir à la suite de la pandémie de la COVID-19, mais l’ensemble des PME au Canada. Même si les deux propriétaires ne sont pas encore en mesure de chiffrer toutes les pertes engendrées par la COVID-19, les deux s’entendent pour dire qu’il y aura de grosses répercussions imminentes, et ce, dans tous les secteurs d’activité. — photo archives
Selon les propriétaires de deux grandes agences de voyages de Hawkesbury, ce ne sont pas seulement les agences de voyages et l’industrie touristique canadienne (et globale) qui vont souffrir à la suite de la pandémie de la COVID-19, mais l’ensemble des PME au Canada. Même si les deux propriétaires ne sont pas encore en mesure de chiffrer toutes les pertes engendrées par la COVID-19, les deux s’entendent pour dire qu’il y aura de grosses répercussions imminentes, et ce, dans tous les secteurs d’activité.
photo archives
Dans la nouvelle réalité surréelle que l’on vit présentement, quand le papier de toilette est devenu la priorité numéro un des gens à travers le pays, suivi par les réserves massives de nourriture, à en voir les tablettes vides des supermarchés, on peut comprendre que les agences de voyages sont fort occupées en cette heure de la COVID-19. Témoignage de deux agences de voyages de Hawkesbury, difficiles à rejoindre, à cause du volume incessant d’annulations qu’elles doivent affronter quotidiennement.

Du côté de Marlin Travel, à Hawkesbury, les agentes de voyages étaient toutes occupées à passer à travers leur liste de clients, à les appeler un à un pour les informer de leurs droits d’annulation ou de reporter leurs vacances sur différentes destinations, en fonction des assurances achetées et des situations particulières.

 «Je peux vous dire que le portrait n’est pas rose pour l’instant; par contre, c’est la réalité mondiale. On ne se le cachera pas et ce n’est pas une période facile, ni pour nos clients ni pour nous. Les gens dans l’industrie du tourisme, comme dans tous les autres commerces ou entreprises, seront tous affectés par cette pandémie», a constaté Manon Lacelle, propriétaire de Marlin Travel, lors d’un entretien téléphonique, la semaine dernière.

«Ils disent en revanche qu’on a la meilleure police d’assurance au pays avec l’agence de voyages Marlin Travel. C’est là l’importance d’une bonne assurance voyage. Certains clients qui ont accepté d’acheter cette police d’assurance sont couverts à 100%, avant le début du mois de mars, quand l’annonce a été faite par le gouvernement», selon Mme Lacelle.

Mme Lacelle a affirmé que pour l’instant, il n’y a pas d’impact économique ressenti dans son agence, même si tous les efforts des quatre agentes de voyages sont déployés uniquement à faire des annulations de voyage.

«On est confiants, on va passer à travers cette crise, comme on est passé à travers le 911, comme on est passé à travers le SRAS, le H1N1, etc. On est une entreprise bien gérée et on va être en mesure de passer à travers», a affirmé la propriétaire, confiante.

La situation était similaire chez Fly DK Travel à Hawkesbury. «Ce n’est pas juste nous que ça va toucher. Ça va toucher le  Canada au complet. Puis on va avoir besoin de l’aide financière du gouvernement, on ne va pas avoir le choix», a estimé Marie-France Sauvé, propriétaire de l’agence.

Les nouvelles politiques concernant le coronavirus changent d’heure en heure et les agents sont très, très occupés à répondre aux clients, a expliqué Mme Sauvé. «Il y a en effet beaucoup de peurs et beaucoup de craintes. Je pense que la crainte c’est le gros problème en ce moment. Donc, on essaie de rassurer les clients et on fait tout notre possible pour tenter de les aider à passer à travers cette crise. Il y a énormément d’annulations en ce moment. C’est en fait depuis une semaine qu’on voit ça.»

Pour l’instant, les annulations vont jusqu’au mois d’avril; cela touchait surtout les croisières, les voyages en Italie, l’Iran et la Chine. Les départs vers le sud étaient moins touchés, puisqu’ils entraient dans les zones étant à moindre risque, d’après les avis émis par le gouvernement. Ceci était le cas le jeudi 12 mars.

Cependant, à la suite de l’avis du premier ministre, le vendredi 13 mars dernier, Mme Sauvé a observé que 50% des gens annulent leurs voyages et se font rembourser par leurs assurances voyage. Du moment qu’il y a un avis du gouvernement, les gens peuvent se faire rembourser par les assurances. Le reste, ce sont les gens n’ayant pas acheté une assurance voyage et qui se voient refuser un remboursement, qui se voient laissés à eux-mêmes, malgré l’état de pandémie globale.

«Le nombre d’annulations n’était pas aussi grand avant l’avis émis par M. Trudeau. Aujourd’hui, ça couvre vraiment tous les pays, les annulations sont plus nombreuses en ce moment», a observé Mme Sauvé. Il n’y aurait pas d’impact pour les voyages au Canada pour le moment, selon la propriétaire.