le Mercredi 17 août 2022
le Jeudi 5 mars 2020 16:55 Autres - Others

Causes communes entre Ivoiriennes et femmes d’ici

Les trois femmes de la délégation de la MRC d’Argenteuil, ainsi que la mairesse de Contrecœur, lors de leur séjour en Côte-d’Ivoire, entourées d’entrepreneures, étudiantes, promoteures de projet d’organismes du secteur. — photo fournie
Les trois femmes de la délégation de la MRC d’Argenteuil, ainsi que la mairesse de Contrecœur, lors de leur séjour en Côte-d’Ivoire, entourées d’entrepreneures, étudiantes, promoteures de projet d’organismes du secteur.
photo fournie
La MRC d’Argenteuil a établi un partenariat avec une commune de la Côte-d’Ivoire. Trois femmes d’ici ont fait partie d’une délégation qui leur a permis de relever les similitudes, mais aussi les contrastes entre les deux cultures.

Les communes de Ferkessédougou et Khorogo sont à 7 000 de kilomètres d’ici, portée par une culture et à des lieues de la nôtre. Et pourtant, « dès que les portes se sont refermées et qu’on était seules entre femmes, elles se sont ouvertes com-plè-tement! », raconte René-Claude Bergeron, coordonnatrice du projet d’agriculture communautaire.

Mise en contexte
Dans le cadre du programme Partenariats municipaux pour l’innovation – Développement économique local (PMI-DEL) de la Fédération canadienne des municipalités, la MRC d’Argenteuil est devenue partenaire de Ferkessédougou, en Côte-d’Ivoire, et est jumelée à la MRC Marguerite-d’Youville, partenaire de Khorogo. Lors de leur dernière mission en janvier, les deux MRC ont envoyé un contingent incluant quatre femmes, dont Estelle Bédard, Renée-Claude Bergeron et Geneviève Grenier.

Rang et âge
Estelle Bédard, coordonnatrice des ressources humaines et attachée de direction, a été frappée par la hiérarchie qui existe dans les rapports protocolaires, où les cadres et dirigeants haut placés sont majoritairement des hommes, 

«C’est dans leur culture de laisser parler les hommes en premier», explique-t-elle, ajoutant que ce respect prioritaire existe aussi envers les ainés, « Les ainés ont le respect de tout le monde, et Renée-Claude a pu en bénéficier! », blague-t-elle, faisant éclater de rire la principale intéressée. Même lorsqu’elles ont la parole, les femmes sont plus réservées que de nature.

photo André Farhat

Le poids de la tradition
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de femmes dirigeantes, « Il y a certaines femmes qui percent, des femmes de tête, qui sont conseillères municipales, deuxième ou troisième maire. Ce n’est pas mairesse, c’est ‘Madame le maire’ », explique Estelle Bédard. Geneviève Grenier, agente de développement culturel, fait observer que « dans un regroupement de femmes, s’il y a un homme dans le portrait, il risque d’être leur porte-parole. Non parce qu’elles ne sont pas capables de s’exprimer, mais c’est le poids de la tradition ».

Renée-Claude Bergeron indique que Les Ivoiriennes, elles, au contraire, étaient estomaquées de voir avec quelle désinvolture leurs consœurs occidentales prenaient la parole, « Comment on se présentait, ça faisait déjà un clash! On prenait notre place comme ici, et on était sur un pied d’égalité avec les hommes qui nous accompagnaient. »

Conversations, pas conversions
« On n’arrivait pas pour changer la donne », indique Mme Bédard, « mais pour outiller les femmes afin qu’elles prennent plus de place dans l’économie locale, dans l’entrepreneuriat ». Geneviève Grenier indique que leur mission n’était pas de transférer nos mœurs occidentales, mais « avant tout d’encourager le développement social chez les femmes et les jeunes ». 

N’en demeure pas moins que, selon Renée-Claude Bergeron, « On a été accueillies avec de la curiosité, explique-t-elle, ils ont une ouverture sur le monde, mais ça leur arrive au compte-gouttes, alors on est comme une porte sur un autre monde! »

De précieuses valeurs
« Leur vie gravite autour des valeurs familiales », observe Estelle Bédard, « Ça nous a marquées. On est des étrangers et on a été accueillies chaleureusement comme des membres de la famille ». Renée-Claude Bergeron pense aussi à l’importance de la reconnaissance, là-bas « je suis revenue en me disant qu’on ne dit pas assez merci dans la vie! »

Si ces partenariats sont des échanges où tout s’additionne et rien n’est soustrait, tant les Ivoiriennes que les Canadiennes sont sorties de ce séjour enrichies, avec plus de bagage qu’elles n’avaient au départ.