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le Jeudi 20 février 2020 15:19 Autres - Others

Y a-t-il une crise dans le secteur immobilier à Hawkesbury?

  Photo fournie
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Voilà le sujet abordé par le conseiller municipal de Hawkesbury, Antonio Tsourounakis, lorsqu'on lui a demandé d'évaluer si la Ville était prête à accueillir de nouveaux arrivants francophones dans le cadre du projet pilote communauté francophone accueillante.

Il y a énormément de gens qui cherchent à louer à Hawkesbury, mais ils ne trouvent rien, a indiqué le conseiller.

«La problématique du logement est antérieure à la problématique engendrée par l’initiative de la communauté francophone accueillante. On rappelle que le programme vise à attirer de nouveaux arrivants francophones. Ce qui se passe, c’est que l’offre est maintenant limitée. Dès lors, les loyers augmentent puisqu’il y a très peu d’offres et qu’il n’y a pas beaucoup de nouveaux développements immobiliers. Les gens ont donc du mal à trouver un loyer. Ce qu’ils découvrent également, c’est que les loyers sont beaucoup plus élevés ici que ce qu’ils s’attendaient à payer», a fait remarquer M. Tsourounakis.

M. Tsourounakis en sait quelque chose puisqu’il est lui-même propriétaire de quelques appartements à louer. Il a mentionné qu’il reçoit des appels pour ses appartements, même deux à trois semaines après les avoir loués.

À la question de savoir s’il existe des projections actuelles quant au nombre de personnes censées venir s’installer à Hawkesbury, M. Tsourounakis n’a pas pu se prononcer. «Même si personne ne vient, nous avons toujours un problème. Rien que pour la population existante, il n’y a pas assez d’appartements à louer», a-t-il ajouté.

Il y a de nombreuses possibilités d’emploi en ville, qui attirent des gens de l’extérieur de Hawkesbury à venir travailler ici, mais ils n’ont rien à louer, même s’ils voulent venir s’installer ici. Et la location c’est la première étape pour attirer des acheteurs potentiels, car elle ne les engage en rien; elle leur donne juste un avant-goût du style de vie d’une petite ville tranquille de l’Est ontarien, avant qu’ils ne décident de s’installer définitivement ici.

Alors comment résoudre ce problème? La Ville elle-même ne peut pas construire des appartements ou des maisons. C’est le travail des promoteurs.

L’étude

M. Tsourounakis a toutefois mentionné que la Ville était sur le point de mener une étude pour déterminer l’ampleur du besoin immobilier, ainsi que les types de logement dont on aura besoin. A-t-on besoin de maisons individuelles, de logements multifamiliaux, de condominiums ou même de maisons haut de gamme? Telles sont les principales questions auxquelles l’étude devra répondre.

 «Nous ne le savons pas encore. Nous savons uniquement que l’offre est très limitée. Et c’est ce qui fait que les prix grimpent et que les gens ont du mal à trouver un logement. Et cela fait vraiment mal à l’économie locale parce que si les gens finissent par louer ailleurs qu’à Hawkesbury, alors la Ville ne bénéficie pas de ces revenus. De plus, il n’y a pas de croissance démographique car les gens regardent à l’extérieur de la ville, pour combler leurs besoins, puisqu’ils ne trouvent rien ici.» C’est ainsi qu’il explique la démographie actuelle de Hawkesbury, qui est restée quasiment inchangée depuis une trentaine d’années.

L’étude en question sera menée par une tierce partie, qui n’a pas encore été choisie, au moment de l’impression, selon Daniel Gatien, directeur général de la ville de Hawkesbury.

«Ce que l’étude va faire pour la ville de Hawkesbury c’est que ça va identifier les besoins existants et ensuite faire un inventaire des types de logements les plus en demande, en fonction de la démographie locale, des individus ou des familles qui vont les habiter, pour loger les gens d’ici, de chez nous et aussi les nouveaux arrivants qui voudraient s’y installer, selon M. Gatien. Par la suite, on mettra sur pied une grande stratégie de marketing qui devra se charger de communiquer ces données aux promoteurs immobiliers intéressés, que ce soit à Ottawa, à Montréal ou ailleurs.»

Une fois l’étude prête, il ne devrait donc pas falloir trop longtemps pour avoir une évaluation précise de la situation. D’ici trois à quatre mois, la ville de Hawkesbury devrait avoir une solution, selon le directeur général.

Si vous les construisez, ils viendront

Jusqu’à présent, il n’y a eu que des preuves anecdotiques, du bouche à oreille, qu’il y aurait un grand besoin de logements à Hawkesbury. Or un promoteur ne va pas miser sur des preuves non vérifiées ou des rumeurs; il aura besoin de faits concrets sur les zones dans lesquelles il va décider d’investir, selon M. Tsourounakis.

«Je pense que les promoteurs sont peut-être un peu en retard. Il y a clairement une demande. Je crois vraiment que dans ce contexte, si vous construisez, ils viendront. En d’autres termes, s’ils construisent ces maisons et ces appartements, ils verront qu’ils se rempliront immédiatement. C’est pourquoi nous espérons que ce rapport leur fournira les munitions dont ils auront besoin, afin qu’ils puissent décider dans quel type de logements ils vont investir, puis aller de l’avant et obtenir du financement pour leurs projets», a-t-il raisonné.

La ville dispose déjà de secteurs résidentiels planifiés, mais à part un compte-rendu, une ventilation du nombre, ainsi que du type de logements nécessaires, Hawkesbury n’a pas les ressources pour accorder des incitations fiscales.

« Nous ne pourrons pas offrir d’incitations sur le plan financier et dire aux promoteurs ‘construisez quelque chose et nous allons vous exonérer de vos impôts’ ou quelque chose dans ce sens. Nous ne pouvons pas faire cela. Mais tout ce qui devrait être requis, c’est de montrer aux promoteurs que, oui, il y a justement une demande pour des logements chez nous. De toute façon, leur objectif consiste à gagner de l’argent. Donc s’ils ont la preuve que nous avons effectivement besoin de logements, je pense que c’est tout ce qu’il leur faut pour se lancer dans le développement immobilier de notre ville », a conclu M. Tsourounakis.