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le Jeudi 20 février 2020 15:28 Autres - Others

Enseigner le courage de continuer malgré la violence

  Photo fournie
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Après avoir apprivoisé la souffrance humaine durant des décennies, au cours de sa carrière de psychothérapeute dans des centres communautaires, Hélène Grandmaître est maintenant à la retraite.

Cela ne veut pas dire pour autant que son travail est achevé. Au contraire, depuis sa retraite, il y a quelques années, Mme Grandmaître veut plutôt mettre à profit son savoir et ses compétences, accumulés au cours des longues années auprès de sa communauté, pour continuer à s’impliquer et à aider de la meilleure façon qu’elle connait.

«Mon travail est extrêmement gratifiant, parce qu’on a le sentiment d’aider à alléger la souffrance humaine. Cela fait une grande différence dans la vie des gens», a-t-elle expliqué avec engouement pour sa profession, qui la tient occupée même après sa retraite.

Son expérience

Au cours de sa longue carrière de conseillère dans un Centre de santé communautaire, elle a travaillé pendant de nombreuses années dans la Basse-Ville de Québec, auprès de gens d’une très grande diversité, des gens de la rue, des toxicomanes, des étudiants, des professeurs universitaires, des fonctionnaires du gouvernement, etc. Elle a notamment beaucoup travaillé auprès de femmes ayant vécu des agressions à caractère sexuel au cours de leur enfance.

Elle sait qu’il y a certaines blessures et certaines violences qui vont à jamais laisser une empreinte sur l’âme. Donc, c’est une question d’apprendre à ces gens de mieux vivre avec leur lourd fardeau de souffrances. 

Enfin, sa vaste expérience lui a offert la chance de travailler auprès du gouvernement fédéral, afin de créer des milieux de travail plus sains, d’aider les gestionnaires confrontés avec des employés en crise ou carrément suicidaires, en leur offrant toutes les ressources nécessaires, que ce soit des services de counseling ou de gestion de crise.

Son implication au niveau de sa communauté

Depuis sa retraite, elle a pris le rôle de présidente du Conseil administratif du Centre Novas et celui de membre fondatrice du Leadership féminin de Prescott-Russell (LFPR). Aujourd’hui, elle connait mieux que personne les enjeux afin de pouvoir offrir ces services (du Centre Novas) aux femmes victimes d’agression sexuelle, alors qu’il n’y a pas eu de financement, pas de bonification du budget dans la dernière décennie. Elle est consciente qu’en milieu rural, l’accès à ces services est très éparpillé pour les victimes. De surcroit, il y a beaucoup de travail à effectuer auprès de la communauté pour briser les tabous, puisque les agressions sont faites au sein d’une petite communauté. Il y a aussi la peur de vivre des répercussions de la part des victimes.

Maintenant, elle n’est plus dans «le feu de l’action», mais son rôle lui permet «d’appuyer les intervenantes et la directrice qui travaillent d’arrache-pied», selon ses dires.

Son expérience lui a permis également de s’impliquer comme membre fondatrice auprès du Leadership féminin de Prescott-Russell, un organisme qui soutient la participation d’un plus large nombre de femmes en politique municipale et la parité sociale.

«Le rôle de LFPR, c’est vraiment de mettre en place des formations pour sensibiliser, former et appuyer les femmes à se voir autrement.»

Avant, elle offrait des formations au sein de LFPR, qui visaient le renforcement de l’autonomie des femmes, leur conscientisation de toutes leurs capacités à faire avancer leur leadership dans la sphère professionnelle.

«Toute forme et expérience de travail ont vraiment mis l’accent sur la prise en charge et l’autonomie des femmes. Je sais à quels défis beaucoup de femmes font face et je veux m’assurer qu’elles soient suffisamment sures d’elles pour assumer leur rôle de leadership. Je souligne beaucoup l’importance d’appuyer les femmes, pour qu’elles voient combien elles sont déjà outillées.»

Croyances sociales et politiques

Elle s’est aussi impliquée en politique fédérale depuis 2015, dans le but de faire avancer ses valeurs de justice sociale, les droits des femmes et pour contribuer à augmenter les chances des personnes démunies d’avoir une justice sociale, d’avancer les droits de la femme.

«Je suis féministe depuis longtemps. Les hommes peuvent être nos alliés en s’impliquant à dénoncer, en n’utilisant pas les jeux de pouvoir qui sont à leur disposition et que l’on retrouve encore dans les milieux de travail et dans les relations interpersonnelles. On n’y arrivera pas toutes seules, c’est sûr. On est tous gagnants de vivre dans des sociétés plus égalitaires, là où il y a moins de violence. On sait que cela fait partie d’un monde meilleur», a-t-elle conclu.