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le Jeudi 5 Décembre 2019 17:44 Autres - Others

Le Marché des métiers d’art – une belle réussite

Isabel Verdier, peintre et céramiste inspirante, devant sa première collection de poterie exposée au Marché des métiers d’art de Hawkesbury.  — photo Cristiana Mandru
Isabel Verdier, peintre et céramiste inspirante, devant sa première collection de poterie exposée au Marché des métiers d’art de Hawkesbury.
photo Cristiana Mandru
Le 1er décembre passé a eu lieu le vernissage du Marché des métiers d'art au Centre culturel Le Chenail, à Hawkesbury, en compagnie des artistes qui ont pu expliquer leur parcours, leurs œuvres, leurs sources d'inspiration, ainsi que ce qui les motive à continuer un travail parfois dur, mais gratifiant.

Une dizaine d’artistes et une soixantaine de personnes sont venus pour l’occasion. Parmi les artistes présents: Isabel Verdier, Leo Schimanzsky, Manon Sauvé, Paul Sincennes, Louise Seguin, Jim Laberge, Hugues Baribeau et Jean Charles Condo.

Pour Hugues Baribeau, ferronnier d’art de la petite entreprise Toutfer, avec 35 ans d’expérience derrière lui, le processus consiste à « amener les clients au résultat fini, de A à Z, même quand ils ne savent pas exactement ce qu’ils veulent. Le procédé est important pour moi », explique-t-il « que ce soit du travail dans le bois, que ce soit du fer, de la roche, que ce soit du verre ». Parfois, ça peut être juste d’aider les gens à trouver la meilleure façon de fusionner l’expression artistique avec le pragmatique – en d’autres mots, de trouver la beauté dans des objets fonctionnels qu’on utilise dans le quotidien.

Pour M. Baribeau, qui travaille entre 70 à 80 heures, voire 100 heures par semaine, l’artisanat c’est beaucoup plus que du travail, c’est une passion, une façon de libérer sa créativité.

« Pour moi, ça ne s’appelle pas du travail, c’est une façon de vivre. Parce qu’aussitôt que je l’appelle du travail, je me mets une charge, ce qui est impensable. Toutfer est pour moi la liberté de choisir quand je travaille, pour combien de temps, les projets qui me passionnent, etc. »

Cette liberté de pouvoir vivre de son art, il l’a conquise au bout de 30 ans. Il vit sur une ferme, où il y a toujours un rythme qu’il faut suivre. « Ça peut paraitre long, mais en vivant sur une ferme, le mode fermier dicte un peu ça: les heures ne comptent pas, l’argent, oui, mais ce n’est pas une priorité; donc, c’est pour cela que je peux me permettre de produire des œuvres que je choisis de produire, comme celles-ci ».

Pour sa part, l’artisane Manon Sauvé a trouvé sa passion pour le verre fusionné à la retraite, après avoir été initiée au processus de fabrication de vitraux par une amie, en 2006. Autodidacte, elle a accumulé un bagage impressionnant de connaissances avant de s’embarquer dans l’aventure du verre fusionné et d’expérimenter à souhait. Sa technique consiste à employer différents types de verre, parfois recyclé, comme d’ anciennes fenêtres, parfois achetés, de la poussière de verre qu’elle peint, pour ensuite les fusionner en les cuisant au four, afin de produire des objets d’art délicats, aux couleurs vives ou suaves.

Tout d’abord, elle peint les morceaux pour ensuite les cuire au four à 1500 F et les tailler, selon un design préalablement choisi, et enfin les fait cuire une dernière fois, pour obtenir la forme désirée, explique-t-elle. Pour Mme Sauvé, c’est un loisir, une passion à laquelle elle dédie plusieurs heures par jour. Son inspiration: la nature, tout autour d’elle l’inspire.

Finalement, Isabelle Verdier, céramiste native de Limoges, ville célèbre pour sa porcelaine, a découvert sa passion pour la poterie après son arrivée au Québec, en 2006. En expliquant son parcours, elle confie que « j’ai fait de la peinture sur soie, j’ai fait des tables en mosaïque, j’ai peint, j’ai fait beaucoup de choses, mais la poterie, il y a longtemps que je voulais l’essayer, mais je n’osais pas en faire, mais une fois que j’ai trempé là-dedans, j’en ai fait beaucoup ».

C’est depuis cinq ans qu’elle se dédie à cette passion qui la tient occupée, même après un grave accident de voiture, dont elle s’est graduellement remise, grâce à sa forte motivation de vouloir continuer à produire de la poterie dans son atelier à Rigaud, pour enjoliver le quotidien. C’est une rééducation quotidienne qu’elle entreprend, en se servant de sa main gauche, puisque sa main droite est seulement mi-fonctionnelle à présent, afin de pouvoir continuer à pratiquer son art.

Des artisans inspirants, des œuvres uniques, des cadeaux aux histoires emballantes…juste à temps pour Noël. Le Marché des métiers d’art sera au Centre culturel Le Chenail, jusqu’au 5 janvier prochain.