le Mercredi 25 mai 2022
le Mercredi 2 mars 2022 12:38 | mis à jour le 8 avril 2022 19:21 Le Carillon (Hawkesbury)

Une opposition massive à la première décharge de déchets radioactifs du Canada

Le projet de décharge reprend de la vigueur, et l'opposition aussi. — Photo d'archives
Le projet de décharge reprend de la vigueur, et l'opposition aussi.
Photo d'archives
La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) s'apprête à délivrer un permis pour la première installation permanente “d'élimination" de déchets radioactifs au Canada, ce qui suscite un tollé général.

La CCSN a prévu deux audiences, le 22 février et le 31 mai, en vue de délivrer un permis pour une « installation de stockage de déchets nucléaires près de la surface » à Chalk River, en Ontario, sur des terres non cédées des Algonquins Anishinaabeg, le long de la rivière des Outaouais. L’installation serait un monticule en surface à un kilomètre de la rivière en amont d’Ottawa.  

140 municipalités s’opposent au projet et craignent la contamination de l’eau potable et du bassin versant. La porte-parole du NPD en matière d’environnement, Laurel Collins, la chef parlementaire du Parti vert du Canada, Elizabeth May, et la porte-parole du Bloc Québécois en matière d’environnement, Monique Pauzé, ont signé une déclaration demandant la suspension des audiences, de même que 50 groupes environnementaux et citoyens. Des groupes des Premières nations ont également demandé la suspension des audiences. La Première nation Kebaowek a demandé le 31 janvier que les audiences soient suspendues jusqu’à ce qu’un cadre de consultation soit mis en place entre elle et la CCSN. 

« Je ne sais pas si quelque chose s’est produit récemment à ce sujet, mais tout le monde semble être contre », déclare Stéphane Sarrazin, maire d’Alfred-Plantagenet et ancien préfet des comtés unis de Prescott et Russell. « Il y a environ un an, peut-être six mois, nous avons reçu une demande pour soutenir l’opposition contre le dépotoir, ce que nous avons fait. Je n’en ai plus entendu parler depuis. » 

En 2017, la CCSN a reçu 400 mémoires en réponse à son étude d’impact environnemental, dont une écrasante majorité s’opposait au plan. Le rapport du personnel de la CCSN recommande toutefois d’aller de l’avant avec l’autorisation, ce qui permettrait la construction d’un monticule d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs et toxiques accumulés depuis 1945. Aucune audience distincte sur l’évaluation environnementale n’est prévue. 

Parmi les autres signataires de la déclaration d’opposition figurent les Amis de la Terre, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, Ralliement contre la pollution radioactive, le Conseil national des femmes du Canada, l’Ontario Clean Air Alliance, le Front commun pour la transition énergétique du Québec, Concerned Citizens of Renfrew County and Area, Old Fort William Cottagers’ Association, Action Climat Outaouais et Pontiac Environmental Protection.