le Lundi 16 mai 2022
le Mercredi 2 février 2022 18:26 | mis à jour le 8 avril 2022 19:21 Le Carillon (Hawkesbury)

Nos députés malmenés dans les médias sociaux

Amanda Simard, députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell. — Photo Gérard Malo
Amanda Simard, députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell.
Photo Gérard Malo
Depuis qu'ils évoluent en politique, le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin et son homologue provinciale Amanda Simard reçoivent leur juste part de menaces inquiétantes pour leur sécurité. Et ils ne sont pas les seuls.

Voici une traduction française de ce qu’a déclaré le député fédéral Francis Drouin à l’hebdomadaire d’Ottawa The Hill Times, la semaine dernière: «J’ai reçu ma part d’appels de gens qui me criaient des injures au téléphone. Certains m’accusant d’être de connivence avec les multi-milliardaires Bill Gates et George Soros qui seraient secrètement derrière un complot pour insérer une puce électronique dans le nez des gens qui subissent un test de dépistage ou dans le bras de ceux qui se font vacciner contre la COVID-19». 

Francis Drouin dit qu’il peut ressentir un fort niveau d’anxiété dans la voix des gens et que c’est surtout ça qui l’inquiète. «Évidemment, ces gens-là croient à tout pris que ce qu’ils lisent est vrai et véridique et il y a rien que je puisse leur dire qui va leur faire changer d’idée. Ce n’est qu’une petite minorité de la population, mais c’est un mixmash de toutes sortes de personnes dont certains comparent l’obligation de se faire vacciner contre la COVID-19 au régime des nazis. L’extrémité de tout ça c’est ce qui est arrivé le 6 janvier l’an dernier lors de l’insurrection au Capitole de Washington. Y a plusieurs centaines de gens qui vont se retrouver en prison pour avoir cru à la Big Lie, la grosse menterie selon laquelle Donald Trump se serait fait voler l’élection de novembre 2020». 

Le député fédéral s’inquiète de voir des manifestations devant les résidences de certains élus fédéraux, provinciaux et locaux comme des maires. «J’appuie à 100% le droit de manifester, il en va de la liberté d’expression, mais ça doit se faire jusqu’à certaines limites. Faut respecter la vie privée des politiciens comme celle de tout le monde. Je ne suis pas vraiment une victime de ça, mais je m’inquiète à savoir qui aura envie de se lancer en politique sachant que l’on s’expose à ce genre de violence qui n’a pas sa place». 

«Pour moi c’est après avoir quitté le caucus Progressiste-Conservateur de Doug Ford pour siéger comme députée indépendante lors de la crise linguistique de l’automne 2018 que j’ai commencé à recevoir sur internet et sur les média sociaux des messages assez méchants qui font quand même assez peur pour ma sécurité, déclare la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard. Mais comme je ne fais plus parti du gouvernement Ford qui est celui qui impose le passeport vaccinal, je pourrais en recevoir encore plus. Je sais que Francis Drouin en reçoit plus que moi». 

Si ce genre de climat toxique peut s’avérer inquiétant pour Amanda Simard, elle affirme que ça la rend plus vigilante et plus consciente des risques. «Même si parfois ça m’ébranle, je me dis que si je me laisse intimider on va se retrouver avec des législatures remplies de bullies. Je ne veux pas les laisser gagner. Je connais beaucoup de gens qui ne sont juste plus capable de tolérer ça. Y a pas un autre milieu de travail au monde que la politique qui tolère ce genre d’abus». Tout comme son homologue fédéral Francis Drouin, la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell craint que le genre d’abus qui lui arrive encore de subir risque de décourager des gens, des femmes entre autres qui aimeraient se porter candidates aux élections. «Ce n’est pas ça qui me défini et c’est pour ça qu’avec les nouvelles candidates qui veulent se présenter, je les encourage et je les aide à se préparer. On ne peut pas éliminer ce genre de comportement mais on peut être prêtes à l’affronter et le dénoncer». 

Quant à Francis Drouin, il est d’avis que les interminables restrictions sanitaires obligées par la pandémie qui se poursuit, affectent à divers degrés le niveau de tolérance des gens. «Puis moi aussi je suis tanné des mesures de confinement. J’suis tanné de faire des rencontres sur Zoom. Mais c’est rien comparé à ce que nos parents ont vécu durant la 2ième grande guerre qui a duré 6 ans». 

Photo Gérard Malo