le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 27 janvier 2022 13:03 | mis à jour le 8 avril 2022 19:42 L'ARGENTEUIL

Les motoneigistes pris en otage

L’absence de neige n’aura pas été la seule raison pour écourter la saison 2021-2022 des motoneigistes d’Argenteuil alors que les producteurs agricoles empêchent les amateurs de circuler sur leur terre afin de mettre de la pression sur le gouvernement. — Photo Mylène Deschamps
L’absence de neige n’aura pas été la seule raison pour écourter la saison 2021-2022 des motoneigistes d’Argenteuil alors que les producteurs agricoles empêchent les amateurs de circuler sur leur terre afin de mettre de la pression sur le gouvernement.
Photo Mylène Deschamps
Depuis le début de la saison hivernale, les motoneigistes d’Argenteuil sont pris en otage dans un conflit qui perdure entre les producteurs agricoles et le gouvernement.

Le président du Club de motoneige Argenteuil inc., Sylvain Cloutier, en place depuis 13 ans, reçoit des tonnes d’appels et de plaintes par courriel de motoneigistes mécontents qui ne peuvent emprunter les sentiers d’Argenteuil qui sont fermés depuis le début de la saison.   «Nous avons des ententes signées avec les producteurs pour emprunter leurs sentiers, mais en ce moment, ils ne veulent pas qu’on passe, explique M. Cloutier, qui ne veut pas pointer du doigt des agriculteurs en particulier.  C’est un couteau à deux tranchants, on veut les respecter pour pouvoir passer l’an prochain, mais on veut aussi satisfaire nos membres.»  

Il en coûte 375$ par motoneige pour sillonner les sentiers du Québec.  Seules les pistes d’Argenteuil et certaines de Saint-Lin-des-Laurentides sont complètement fermées ainsi que quelques sections de Mirabel. Les producteurs agricoles en auraient contre le gouvernement qui leur imposerait des réglementations trop élevées quant aux politiques surtout liées à l’environnement sur la gestion de leur terre. Dans une lettre adressée à Réal Camiré trouvée sur le site Facebook du club, un groupe d’agriculteurs demande des allégements aux règlements sur les exploitations agricoles, article 50.3al.1 et sur la Loi sur la qualité de l’environnement (articles visant les milieux humides et hydriques).   

«La saison sera finie et le conflit ne sera pas réglé.  Moi je suis payé au kilométrage, se désole M. Cloutier qui a acquis une surfaceuse pour l’entretien des pistes au coût de 90 000$ l’an dernier. Mon compteur est à zéro! Pourquoi ils nous prennent nous en otage?» Afin de diminuer la grogne, M. Cloutier aimerait ouvrir au moins la section entre Brownsburg-Chatham (Halte 50) et Wentworth (Hibou blanc).  Il constate aussi que davantage de motoneigistes empruntent la rivière des Outaouais pour se rendre dans les sentiers du secteur de Montebello qui, eux, sont ouverts. 

Rappelons que plusieurs sentiers au Québec empruntent de nombreux lots, terres et terrains privés.  Sans la générosité des propriétaires, le réseau ne pourrait exister.  Mais en signant des ententes, c’est aussi la Fédération qui est se rend responsable de l’entretien des pistes et des accidents. 

L’industrie de la motoneige est de plus en plus populaire, surtout en ce moment avec les activités qui ont été diminuées par les mesures sanitaires. Le nombre de membres au Québec est passé de 90 000 à 125 000.  Dans Argenteuil, ce serait plus de 500 membres qui ne peuvent profiter de l’hiver sur leur territoire et souhaitent une entente le plus rapidement.