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Un maire bien décidé à franchir les échelons du pouvoir

Le maire du canton d'Alfred-Plantagenet Stéphane Sarrazin, assis dans le fauteuil d'Alfred Évanturel, le seul francophone à avoir été président de l'Assemblée législature de l'Ontario entre 1897 et 1902. — Photo de Gérard Malo
Le maire du canton d'Alfred-Plantagenet Stéphane Sarrazin, assis dans le fauteuil d'Alfred Évanturel, le seul francophone à avoir été président de l'Assemblée législature de l'Ontario entre 1897 et 1902.
Photo de Gérard Malo
Rien ne semble ralentir Stéphane Sarrazin depuis sa première élection aux municipales de 2018 comme maire du Canton d'Alfred Plantagenet.

En effet, il assume également le poste de président du conseil des comtés-unis de Prescott-Russell depuis décembre l’an dernier. Son prochain défi? Celui de briguer les suffrages comme candidat du parti progressiste-conservateurs dans Glengarry-Prescott-Russell aux élections ontariennes d’octobre 2022. 

Lors des élections municipales de 2018, l’homme d’affaire qu’était Stéphane Sarrazin était de son propre aveux un néophyte en politique. «J’ai jamais été en politique avant, même pas conseiller municipal, ce qui ne m’a pas empêché de faire le grand saut vers la mairie». 

Avant cette élection, il était président d’une corporation appartenant à la municipalité, soit la société Hydro 2000. «Je n’aimais pas la façon dont les choses se passaient sous l’ancien maire. Mon père me disait, si tu n’aimes pas ça, ne critique pas puis engages-toi pour remplacer ceux qui sont là pour faire mieux et c’est exactement ce que j’ai fait». 

Le maire Sarrazin a tout de même fait un apprentissage de quelques années avant de poser sa candidature en 2018. «C’est comme ça que j’ai commencé à assister à presque toutes les assemblées du conseil pour connaitre les dossiers, puisque que j’avais zéro expérience comme élu. Si bien qu’après deux ou trois ans, j’ai fini par me porter candidat pour faire une différence». 

Il faut dire qu’au début, l’homme d’affaire en lui a trouvé ça difficile la vie politique. «La politique c’est pas comme les affaires où tu prends une décision et le lendemain tu l’exécute tout de suite. En politique il faut être patient, être à l’écoute des gens, tant les six autres membres du conseil municipal que les résidents. Le défi, dit-il, c’est tout à propos de savoir vendre tes idées». 

Autre défi que Stéphane Sarrazin relève déjà depuis presqu’un an? Celui de président du conseil des comtés-unis de Prescott-Russell. Un défi très différent, voire plus facile selon lui. «J’ai tellement bien connecté avec les autres maires. C’est un beau témoignage de mes collègues maires des sept autres municipalités des comtés-unis». 

Si c’est un cliché que de dire qu’un défi n’attend pas l’autre, ce n’en est pas un dans le cas du maire Sarrazin. Car c’est au cours de l’été que le comité provincial des candidatures du parti progressiste-conservateur a approuvé sans contestation sa candidature comme candidat aux élections de juin 2022. 

Il devra alors affronter la députée sortante Amanda Simard, d’abord élue en 2018 comme député progressiste-conservatrice, puis siégeant comme indépendante, avant de se réincarner députée libérale. «Si je suis élu au provincial, ça va me faire de la peine de quitter ma communauté pour aller siéger à Queens Park. Si je perds, je serai bien content de continuer ici comme maire. Mais il faut bien que quelqu’un aille à Toronto pour tirer la couverte pour notre monde. Puis on l’a bien vu durant les trois dernières années, ça n’a pas été un succès avec une députée de l’Opposition. Y’a pas grand chose qui a été réalisé. Il y en a eu des députés de l’Opposition qui ont bien faite dans le passé, comme le libéral Jean-Marc Lalonde, mais ce n’est pas le cas, insiste-t-il avec la députée qui est là maintenant». 

Enfin, Stéphane Sarrazin affirme que ça ne le gêne aucunement comme fier francophone de porter les couleurs d’un parti qui ne s’est pas gêné pour s’en prendre aux droits des franco-ontariens, que ce soit l’abolition en 2018 de la fonction de commissaire aux services en français, ou la création de l’Université de l’Ontario français. «Le premier ministre Doug Ford a fini par comprendre que les francophones, tu ne peux juste pas les tasser dans un coin. Ils sont là pour rester. Ils exigent et vont continuer d’exiger leurs services en français. Je pense, poursuit-il, qu’il a appris de ça. Mais là ça prend quelqu’un qui va aller travailler avec les conservateurs et pas juste critiquer».