le Vendredi 9 Décembre 2022
le Jeudi 25 août 2022 18:02 MRC D'ARGENTEUIL RCM

Les joyaux d’Argenteuil inspirent les artistes

Jessica Peters discute avec le maire de Lachute, Bernard Bigras-Denis, lors du vernissage de Fantômes d’Argenteuil. Le premier magistrat lui aurait confié que le tableau de la mairie serait son préféré.  — Photo Mylène Deschamps
Jessica Peters discute avec le maire de Lachute, Bernard Bigras-Denis, lors du vernissage de Fantômes d’Argenteuil. Le premier magistrat lui aurait confié que le tableau de la mairie serait son préféré.
Photo Mylène Deschamps
Que ce soit par le prisme de vue de Normand Laurin ou Jessica Peters, les joyeux architecturaux et paysagers d’Argenteuil sont mis en lumière au Centre d’art d’Argenteuil jusqu’au 18 septembre prochain.
Photo Mylène Deschamps

Du mercredi au dimanche, la galerie ouvre ses portes sur deux expositions qui mènent les visiteurs dans un voyage à travers divers endroits mythiques, des bâtiments patrimoniaux d’envergure et des prises de vue de villages pittoresques d’Argenteuil. Impossible de ne pas tomber sous le charme pour les citoyens d’ici. 

Jessica Peters, diplômée en arts visuels de l’UQAM depuis 2009, présente le fruit de plus de 2 ans de travail, Les fantômes d’Argenteuil. Lors du vernissage jeudi dernier, la jeune femme de Brownsburg-Chatham était visiblement émue et excitée de voir autant de visiteurs s’intéresser à son travail qui fera rayonner la région. À travers le médium de la peinture, du dessin et du collage, ce sont 8 tableaux originaux de l’architecture actuelle et de ses vestiges qui sont présentés à la galerie. Deux de plus seront numérisés et installés à travers la région au cours de l’automne.

 

J’ai choisi des lieux qui m’ont marqué et qui ont fait partie du parcours de ma vie puisque j’ai toujours habité ici. C’est une façon d’immortaliser des lieux qui comptent beaucoup pour moi et la communauté. Pas que des lieux patrimoniaux, je ne voulais pas que ce soit qu’historique, ça demeure un travail personnel, mais des lieux qui font partie de la mémoire collective.» 

— explique Mme Peters, qui a aussi utilisé des photos d’archive pour s’inspirer.

Avec l’aide de l’historien Robert Simard, 10 lieux emblématiques ont été choisis proposant un portrait qui témoigne de l’évolution de la région. À chacun des endroits où les œuvres numérisées seront installées, il sera possible de visionner une capsule vidéo à partir d’un téléphone intelligent qui donne accès à des anecdotes, des données historiques et des détails du processus artistique. Le paysage se transforme et alimente la création de Mme Peters. M. Simard et l’artiste, filmés par Maxime Hébert, font rire, questionnent et expliquent à travers une plateforme numérique. 

Bien que difficile de choisir, au niveau de la technique, le tableau préféré de l’artiste est celui représentant la MRC d’Argenteuil. Pour le maire de la Ville de Lachute présent lors du lancement, c’était l’hôtel de ville. «Chaque lieu représenté est imprégné de la mémoire collective, évoque l’authenticité, tout en offrant une vision du futur, souligne-t-elle dans sa démarche artistique. Et vous, quel sera votre lieu préféré? 

La Ville de Lachute, la Route des arts, Proximité Productions ainsi que la MRC d’Argenteuil ont été des partenaires financiers dans ce projet artistique unique financé surtout par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Certaines œuvres de Mme Peters sont aussi exposées à la Galerie Simon Blais, rue Saint-Laurent, à Montréal. 

Les croquis de Normand Laurin 

L’exposition En quelques traits de Normand Laurin avec ses 50 croquis à l’encre se joint divinement au travail de Mme Peters dans la 2e salle d’exposition de la rue Clyde à Lachute.  Fervent adepte des croquis à la plume, M. Laurin ajoute aussi une touche d’histoire en alliant ses dessins à des informations historiques intéressantes. On y apprend d’entrée de jeu que L’Argenteuil, nom de notre journal, était autrefois un bateau qui quittait la rive de Cushing une fois par semaine pour se rendre vers Sorel. Les nombreuses églises qui composent le paysage québécois, tel S. Mungo, l’Église de Dunany, Holy Trinity et plusieurs autres figurent parmi les œuvres. 

Laurin capte l’essence des vallées de Harrington, de la rivière de l’Ouest ou de l’Outaouais, des Cascades de Brownsburg ou des fermes telle celle près de Bourbonnière. «Argenteuil est une région complexe. La diversité de son relief et les caprices des vallons en font un territoire des plus riches et intéressant. Les pionniers y ont laissé leurs traces. Parfois, et c’est malheureux, les paysages du XIX siècle ont disparu. Pourtant l’aménagement du territoire à différents moments de l’histoire demeure un précieux témoin de l’héritage culturel», écrit M. Laurin qui invite la population à sillonner les routes plutôt qu’à passer du temps devant les écrans. Il fait bon d’aller à Dunany, à Gore… et respirer l’air de la forêt et y voir les secrètes richesses de notre contrée, avance-t-il.

Le tableau représentant la MRC d’Argenteuil dans l’oeil de l’artiste Jessica Peters.

Photo Mylène Deschamps