le Vendredi 20 mai 2022
le Jeudi 10 mars 2022 13:18 | mis à jour le 8 avril 2022 19:42 L'ARGENTEUIL

Respecter la capacité de payer des citoyens

La salle du conseil était remplie lundi dernier.  Certains citoyens n’ont pu y avoir accès en raison du maximum autorisé par la santé publique. — Photo Mylène Deschamps
La salle du conseil était remplie lundi dernier.  Certains citoyens n’ont pu y avoir accès en raison du maximum autorisé par la santé publique.
Photo Mylène Deschamps
Les anciens conseillers Alain Lanoue et Denis Richer étaient au front lundi dernier et demandent au nouveau conseil de respecter la capacité de payer des citoyens lachutois.

«M. Bigras c’est un grand rêveur. C’est correct ses promesses électorales, mais qu’il les réalise sur 4 ans. Un budget comme celui-là n’aurait jamais passé avec moi, affirme Denis Richer, un ancien conseiller qui a siégé presque 28 ans à la ville. Tous les directeurs généraux veulent le meilleur. M. Gravel a toujours poussé pour avoir davantage, mais nous on le challengeait, on lui demandait de refaire ses devoirs et d’aller revoir ses directeurs pour couper à certains endroits. On ne voulait pas d’augmentation de plus que 2% par année.» 

Plusieurs citoyens se sont déplacés et ont rempli la salle du conseil pour exprimer leur mécontentement sur les hausses de taxes du dernier budget adopté en décembre dernier. Trop nombreux, certains n’ont pu avoir accès à la salle. La moyenne d’augmentation au résidentiel émis par le conseil est de 7,9% et de 8,9% pour les bâtiments commerciaux et les logements de 6 appartements et plus.  

Le maire Bernard Bigras-Denis a rappelé aux citoyens que ces pourcentages d’augmentation sont une moyenne et qu’en recevant leur compte de taxes les citoyens pourraient autant recevoir 1% que 16% d’augmentation. «Ça a joué un peu partout, a souligné Bernard Bigras-Denis, en s’adressant avec aplomb aux citoyens lors de la première période de questions et en nommant plusieurs municipalités du Québec qui ont eu d’aussi grandes augmentations. Ça va selon la nouvelle évaluation du rôle foncier qui a été déposé pour 2022, 2023 et 2024. Je vais être très honnête avec vous, en analysant le nouveau rôle foncier, ça monte un peu n’importe où.  Les terrains ont pris énormément de valeur, les bâtiments en ont pris moins et les condos en ont perdu. Donc moindrement que les terrains ont une certaine superficie, ils auront pris plus de valeur, dont le mien. Moi j’ai pris 30% de valeur parce que j’ai un terrain plus grand que ceux de mon secteur.»  

L’évaluation du nouveau rôle foncier, qui est réalisé sur une même base et à une même date, est mandatée par la MRC d’Argenteuil. Rappelons que l’ensemble des résidences du Québec ont pris de la valeur avec la flambée des prix dus, entre autres, à la rareté. «Nous, on n’a pas de contrôle sur le rôle.  Par contre, vous pouvez le contester et ça nous fera plaisir de vous partager les formulaires pour pouvoir le faire», a indiqué le magistrat, mentionnant que certains citoyens et certaines entreprises avaient déjà entrepris des démarches. Le maire insiste sur l’importance d’investir et de fournir des services aux citoyens, surtout dans un contexte où la ville prend de l’ampleur. «On n’a pas fait ça de gaité de cœur, assure M. Bigras-Denis, qui dit s’être retrouvé avec plusieurs patates chaudes. Ce que vous pouvez être sûr, c’est que nous nous assurerons que les services soient bien rendus.  Vous faites un effort, on fait un effort.  Et l’année prochaine, considérant qu’on n’est pas avec un nouveau rôle, on n’aura pas les augmentations qu’on a eues cette année. On va tout faire pour réduire au maximum le compte de taxes au niveau de l’augmentation. Vous n’aurez pas une augmentation comme vous avez cette année, ça, je peux vous le garantir. Je vous le promets.»  

Pourtant, les anciens conseillers disent avoir laissé une ville en bonne santé financière. «Quand on a quitté, il y avait plus de  1,7 million en revenu juste avec la taxe de bienvenue des nouvelles maisons», souligne M. Richer. Un surplus non affecté de 3,2 millions a aussi été confirmé par le maire. «Votre surplus, vous dites que c’est aux citoyens, répond le maire à l’ancien conseiller Alain Lanoue lors de la période de questions. Je suis 100% d’accord. Il faut réinvestir 100% des surplus. Il ne faut pas dire qu’on gère en générant des surplus, ni diminuer les taxes ou ne rien faire, mais il faut les réinvestir.»  

Quant à la capacité de payer des citoyens, M. Bigras-Denis souligne que des mesures ont été annoncées par le gouvernement du Québec pour aider les aînés qui font face à de trop grandes augmentations de taxes municipales et les invitent à s’informer. La subvention aux aînés de 65 ans et plus dont le revenu est inférieur à 53 300 dollars vise à compenser en partie l’augmentation des taxes suite à une trop grande hausse de la valeur. 

Pour Karine Charron, propriétaire d’un jumelé de la rue Laurier et résidente de Lachute depuis 13 ans qui se déplaçait pour la première fois au conseil de ville alors que son compte de taxes a gonflé de 216 dollars, s’en était trop. «On a une augmentation de taxes et une diminution dans les services des ordures. Après deux ans de pandémie et toutes les hausses sur tout, ça va vraiment être une année difficile», affirme Mme Charron, mère monoparentale de deux jeunes filles.  

Investissements

Lors de la séance, les conseillers ont adopté à l’unanimité toutes les motions, dont l’achat de quatre véhicules neufs pour les Travaux publics au coût de 926 100 dollars ainsi que 200 000 dollars pour des aménagements transitoires et à la sécurisation des traverses de piétons de la rue Principale. Des montants ont aussi été attribués en lien avec la conservation des vitraux et la restauration d’une fenêtre dans le dossier mitigé de restauration de l’église unie pour la nouvelle bibliothèque. 

Les conseillers ont aussi adopté un règlement amendant le règlement de zonage numéro 2013-739 permettant la construction d’immeubles à logements sur le terrain de l’ancien Patrick Morin en les limitant à 3 étages et 4 logements par bâtiments à la demande de citoyens. 

Photo Mylène Deschamps