le Mercredi 18 mai 2022
le Mardi 8 mars 2022 16:32 | mis à jour le 8 avril 2022 19:42 L'ARGENTEUIL

Des luttes, des espoirs et des revendications

C’est une création de l’artiste Stacy Bellanger Bien-Aimé, dont le visuel conjugue l’art graphique et le collage et veut rompre l’atmosphère de morosité et de cynisme politique notamment marqués par la crise sanitaire, qui a été retenue pour représenter la Journée internationale du droit des femmes 2022. — Stacy Bellanger Bien-Aimé
C’est une création de l’artiste Stacy Bellanger Bien-Aimé, dont le visuel conjugue l’art graphique et le collage et veut rompre l’atmosphère de morosité et de cynisme politique notamment marqués par la crise sanitaire, qui a été retenue pour représenter la Journée internationale du droit des femmes 2022.
Stacy Bellanger Bien-Aimé
C’est en soutien aux luttes, aux espoirs, aux sacrifices et aux revendications des femmes que la Journée internationale des droits de la femme doit être célébrée chaque année le 8 mars.

«L’avenir est féministe», slogan 2022, peut sembler prétentieux, mais qu’à cela ne tienne, si la première manifestation pour les droits des femmes a eu lieu à New York en 1908, on ne peut pas prétendre que les batailles sont gagnées d’avance. Tout peut basculer si rapidement, comme on le voit dans plusieurs pays du monde dont les droits des femmes sont opprimés dans un coup de vent.  C’est en 1975, année de naissance de votre humble rédactrice, que les Nations Unies reconnaissent la Journée internationale de la femme. Ce ne sera que voilà trois ans qu’on inclura le terme si précieux que sont les droits.

Dans mon souvenir d’écolière, je fais partie de celles qui ne voyaient pas de grandes différences d’accès entre les garçons et les filles.  Je suis de celles qui ont toujours voté, qui ont joué dans les sports avec les garçons et qui ont pu s’asseoir sur les bancs d’université avec le courage de ses efforts et de son potentiel. Pourtant, en 1992, avec un diplôme d’études secondaires en poche, les mots féministe ou militante étaient loin d’être à la mode. Il fallait y aller avec parcimonie et explications. «Je ne suis pas féministe, mais pour l’égalité des sexes». Je m’entends encore. Le droit de vote n’a été obtenu au Canada qu’en 1920 et au Québec 20 ans plus tard. C’est à l’université seulement que j’ai appris et compris les luttes de plusieurs grandes femmes qui m’ont précédée, dont celles de Thérèse Casgrain. 

L’égalité des sexes a fait couler beaucoup d’encre. Puis, on a levé le voile sur les salaires. Des salaires de dirigeants plus élevés pour un homme que pour une femme, soit, c’est déjà frustrant. Mais de voir que les métiers traditionnellement masculins ont la cote sur le plan salarial, c’est un autre constat… plus consternant! Comparons seulement les salaires et les avantages sociaux d’un policier (employé de l’état) à une infirmière (employée de l’état) et vous verrez la pointe de l’iceberg. Un policier, et maintenant les policières (Dieu merci!), peut prendre une retraite après 25 ans de service alors qu’une infirmière peut espérer un poste après plus de 15 ans de service… En 2021, le salaire des hommes aurait augmenté de 2,7% et celui des femmes de 1,5%. Ils gagneraient en moyenne 30,16$ contre 27,39$ l’heure. Bien que le gouvernement du Québec ait instauré une loi sur l’équité salariale en 2007, on est loin de la coupe aux lèvres. Le Canada a emboité le pas seulement en 2020.  Mais qu’est-ce qui fait défaut? Notre force physique?

C’est donc dire que la situation des femmes est encore compliquée et précaire. La crise sanitaire, qui aura rendu davantage vulnérable une partie de la population qui l’était déjà, aura été encore plus dévastatrice pour les femmes. N’est-ce pas davantage de femmes qui ont été les premières au combat alors qu’elles pratiquent en majorité des corps de profession sociale, humaine. Les préposées aux bénéficiaires, les infirmières, les éducatrices, les enseignantes, les psychologues, les médecins, bien sûr, mais aussi les caissières à l’épicerie, les femmes de ménage, les serveuses et, surtout, les mères, dont plus particulièrement les mères monoparentales.  Celles qui devant la menace devaient tout de même aller travailler au salaire minimum, sans service de garde ni école et sans, si elles écoutaient les consignes, l’aide de parents et d’amis. Comme si cela s’avérait possible. On a même poussé l’audace jusqu’à demander qu’elles fassent l’épicerie sans leur enfant.  C’est dans ces extrêmes confrontations que souvent les dérives prennent naissance. Je salue votre courage.

Elles ont été 26 à se faire tuer au Québec en 2021, dont la vaste majorité dans un contexte conjugal. Tant que nous entretiendront les stéréotypes, tant que nous laisserons ces luttes de côté, les conditions de la femme demeurent fragiles.

En cette Journée internationale du droit des femmes 2022, je suis peinée d’écrire ces deux ressources, qui sont, ma foi, encore nécessaire: www.sosviolenceconjugale.ca ou 1 800 363-9010. Nous devons poursuivre les combats et poursuivre les efforts fait autant par les hommes que les femmes de cette planète pour une société juste et égalitaire.