le Mercredi 25 mai 2022
le Jeudi 24 février 2022 13:17 | mis à jour le 8 avril 2022 19:42 L'ARGENTEUIL

Un thé à Lachute

Maryse Denault, qui obtiendra son accréditation de sommelières de thé, trouve pignon sur rue à Lachute. — Photo François Daniel
Maryse Denault, qui obtiendra son accréditation de sommelières de thé, trouve pignon sur rue à Lachute.
Photo François Daniel
Maryse Denault n’aime pas beaucoup parler d’elle-même. Elle préfère parler de thé. De thés et de tisanes. Thé noirs, thé vert, thés blancs, thés fumés, thés fermentés, et puis aussi, thés parfumés dont un aux épinards et un autre à la tarte Key lime. Car Maryse Denault est importatrice et distributrice de thés. Mais aussi, depuis le mois de janvier, nouvelle propriétaire des Lubies gourmandes bientôt Bistro aux Lubies, maison gourmande.  

Résidente de Mille-Isles, Maryse Denault a fondé Les Thés d’Argenteuil en 2019. Elle a fait la découverte du thé lors d’un voyage en Corse. Puis, elle a fréquenté des salons de thé un peu partout en Europe, notamment à Rome qui lui a laissé un souvenir impérissable.  

De retour au pays, elle s’est inscrite à l’Academy of Tea de Toronto où elle a complété sept des huit modules de la formation. À la fin du huitième, elle obtiendra son accréditation de sommelière de thé. Car oui, le thé c’est un peu comme le vin: les procédés d’élevage, les variétés et le conditionnement des feuilles varient non seulement selon les pays, mais aussi selon les terroirs et les régions.  

Maryse Denault est arrivée au commerce du thé par des voies de traverse. Conseillère en sécurité financière pendant 7 ans puis marionnettiste jusqu’en 2018, elle a pendant 22 ans parcouru les écoles, les garderies et les festivals de la province avec son théâtre de marionnettes dont elle écrivait les textes, fabriquait les décors et interprétait tous les personnages.  

Elle se décrit elle-même comme une femme d’intuition. Ce qui n’exclut pas la réflexion. Avant de se lancer dans l’aventure du thé, elle s’est livrée à une analyse du marché. Ses observations ont été concluantes: Argenteuil était tout à fait mûr pour un commerce en ligne. Elle s’est aussi assuré de l’intégrité des fournisseurs ainsi que des règles du ministre des Pêcheries, de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAPAQ). Ces vérifications faites, elle a embauché une téléphoniste pour loger les premiers appels auprès d’entreprises et de particuliers susceptibles d’apprécier l’univers du thé, se réservant pour elle le scellé des contrats. Sans parler des marchés publics qu’elle fréquente assidument afin de se faire connaître.  

Parmi ses premiers clients, Les Lubies gourmandes, la crèmerie La Favorite et le IGA de Mme Suzanne Albert ont proposé quelques-uns de ses thés les plus populaires. Elle a gardé pour elle les variétés les plus rares parmi lesquelles on trouve le thé fumé de Russie et le Pu’er chinois qui se bonifie en vieillissant et dont certaines variétés se vendent à des prix mirobolants. Comme certains vins d’ailleurs.  

Ce n’est pas sans une certaine hésitation pudique que Mme Denault avoue que la pandémie lui a été bénéfique. C’est que le commerce en ligne a explosé. Comme le gros de son négoce se passait sur la toile, elle en a fait ses choux gras, tout comme plusieurs entrepreneurs internautes. Mais si le virtuel lui a profité, Mme Denault éprouvait toutefois le besoin de rencontrer sa clientèle en personne. C’est toujours une bonne chose que d’avoir pignon sur rue.  

Ayant entendu dire que Lucie-Anne Pilote voulait vendre Les Lubies gourmandes, elle y a vu une opportunité et fait une offre. Pourquoi changer le nom? Parce que dit-elle, chaque nouveau propriétaire a envie de mettre son sceau sur ce qui lui appartient. Cela étant, elle reconnaît volontiers les mérites de Mme Pilote qui a voulu faire connaître les produits du terroir. Elle entend bien continuer dans cette voie, même si les thés qu’elle propose proviennent des quatre coins de la planète.  

L’ancienne clientèle des Lubies s’y retrouvera facilement. Certes, Mme Denault a procédé à des aménagements cosmétiques pour mieux s’approprier les lieux dont elle conservera la mission originelle: servir une cuisine saine sans prétention à partir de produits le plus souvent locaux. Le menu comportera un grand choix de salades et comme nouveautés, des sandwiches à la porchetta (porc rôti aux herbes) et des polpettes (boulettes de veau haché et de fromage), deux inspirations italiennes. Et du thé, bien entendu.  

À cette enseigne, Maryse Denault offrira à compter du mois d’avril tous les mercredis de 14 à 16 heures des coquetels dinatoires inspirés des high teas chers aux Britanniques où des canapés variés accompagneront des thés de provenances diverses. Ces dégustations sur réservation seulement s’adressent d’abord à titre expérimental aux retraités à qui Maryse Denault veut offrir de la nouveauté. Elles se feront dans une ambiance particulière revue pour l’occasion (le décor sera entièrement tendu de blanc et agrémenté d’illustrations évoquant un salon de thé à l’ancienne.) L’ouverture du Bistro aux Lubies, maison gourmande est prévu pour le 3 mars.