le Samedi 25 mars 2023
le Jeudi 26 janvier 2023 14:49 MRC D'ARGENTEUIL RCM

Autour d’un drapeau

L’ancienne directrice de l’école primaire L’Oasis, Annie Reddy, a toujours à cœur la valorisation de la culture.  — Photo François Daniel  
L’ancienne directrice de l’école primaire L’Oasis, Annie Reddy, a toujours à cœur la valorisation de la culture.
Photo François Daniel  
Vous en avez tous entendu parler. La nouvelle, qui remonte à samedi dernier, a fait l’objet d’une pleine page de publicité dans les journaux nationaux sans parler de nombreux articles où il en a été abondamment question. Évidemment, la télévision nous en a montré les images. En parler davantage serait redondant et pas très productif.

Donc, on ne répètera pas, par exemple, que c’est à Maurice Duplessis que le Québec doit son drapeau. On ne dira pas non plus que le fleurdelisé est officiellement né en 1948, qu’il a donc 75 ans. Inutile aussi de préciser qu’il a eu pour ancêtre Le Carillon, dont les fleurs de lys pointaient vers le centre d’une croix blanche. À la rigueur, on pourrait rappeler que les couleurs du drapeau sont d’origine catholicos-royale: la croix blanche date des croisades, le bleu provient de la maison royale française et du manteau de la vierge Marie et les fleurs de lys représentent la monarchie française depuis le Moyen Âge.   

Ce qu’on pourrait ajouter toutefois, c’est que La Société Nationale des Québécois et des Québécoises (SNQ), anciennement la Société Saint-Jean-Baptiste, a organisé à l’occasion de cet anniversaire des rencontres patriotiques et commémoratives un peu partout dans la province. Les Laurentides n’ont pas été en reste. Samedi dernier, à la salle Gilles-Vigneault de Saint-Jérôme, avait lieu le Jour du drapeau, une cérémonie d’une heure où était convié le gratin politique de la région pour rendre hommage au drapeau. Mais surtout, le tout était organisé par quelqu’un de bien connu dans la région, Annie Reddy. 

Pendant cinq ans et demi, pour compléter sa carrière dans le milieu scolaire, Mme Reddy a été directrice de l’école l’Oasis. C’est elle qui a doté l’Oasis d’un nouveau parc- école afin de fournir aux jeunes du quartier Ayers un lieu sécuritaire pour leurs activités extrascolaires. C’est également elle qui, en vertu du principe que l’école pour être efficace doit participer à la vie du milieu, a implanté le programme «Jusqu’au bout» qui visait à stimuler les élèves du primaire tout en impliquant leur famille.  

La dame à la chevelure de feu, un brin marginal, mais surtout très humaniste, a inauguré en mars 2017 le Centre de pédiatrie sociale en communauté qui fait partie des cliniques du Dr Julien. Elle le dirigera pendant quatre ans. Ce centre est encore aujourd’hui le poumon des enfants du quartier Ayersville. 

En 2021, avec son conjoint Jacques Turgeon, ancien directeur d’école lui aussi, elle quitte Lachute pour s’installer à Saint-Jérôme. Là, elle fait la connaissance de La Maison des parents, un organisme analogue à la clinique Dr Julien, mais qui s’occupe aussi des parents. Parallèlement à ce travail, elle fréquente également l’université à la poursuite d’un doctorat en éducation, activité qu’elle a tendance, de son propre aveu, à négliger, mais auquel elle ne renonce pas encore. 

Ce qui l’intéresse avant tout, c’est la promotion de la culture. À la Maison des parents, elle organise des activités afin de démontrer aux enfants comme aux adultes que la culture, c’est pour tout le monde. C’est ainsi qu’elle crée des ateliers du samedi au Musée d’art contemporain des Laurentides où elle initie les jeunes et leurs parents aux arts visuels, au théâtre et à l’écriture dans une perspective de quête d’identité personnelle. Elle s’associe aussi avec les bibliothèques pour des projets semblables. Elle travaille notamment avec le directeur du Musée, André Marion, co-fondateur avec François Mercier et directeur général de Philanthropie Laurentides, un organisme qui en aide d’autres à monter leur structure financière pour des projets d’intérêt social. M. Marion était également coordonnateur général de la SNQL (Laurentides). À la fin de son mandat, c’est Annie Reddy qui a pris le témoin. 

La voilà donc, depuis le printemps 2022 aux commandes du volet laurentien de cet organisme panquébécois qui vise la connaissance et la diffusion de la culture d’ici. En somme, le véhicule parfait pour celle dont la carrière tout entière est orientée dans cette direction. 

Depuis qu’elle est en poste, Mme Reddy n’a pas chômé. Ne rien faire n’est d’ailleurs pas dans son ADN. Avec elle, il faut que ça bouge, même si parfois ça dérange. C’est ainsi qu’avec des collaborateurs, elle a mis sur pied cette journée du drapeau et invité les médias qui sont accourus dans le magnifique atrium de la Salle Gilles Vigneault. Elle a profité de l’occasion pour annoncer son prochain projet, la création d’une «sculpture de la fierté» pour célébrer le Québec. L’ouvrage sera confié à un ou une artiste d’ici sélectionné par un jury à partir d’un appel d’offres. Le maire de Saint-Jérôme, Marc Bourcier, a déjà signifié la volonté de sa ville de participer au projet et de placer le monument à un endroit qui le mettra en valeur. 

Il y aura aussi le 19 mars, la onzième édition de la remise des prix Gaston-Miron. Ces récompenses soulignent le travail d’une personne qui s’est donné pour mission de valoriser la langue française. Cette année toutefois, il y aura du nouveau: habituellement décerné qu’à des adultes, le prix fera place à la jeunesse.  

Fidèle à sa préoccupation de diffuser la culture chez les jeunes, Annie Reddy a prévu récompenser des rappeurs et des slameurs qui pratiquent leur art en français. Le porte-parole de l’événement: Samian. Il y aura donc six prix en argent, trois pour adultes et trois pour jeunes. 

Et après?  Après, il y aura certainement autre chose parce que, chez Annie Reddy, l’oisiveté n’est pas le genre de la maison. 

 

Le chœur de l’Académie Lafontaine rend homme au fleurdelisé en chanson.

Photo François Daniel