le Lundi 8 août 2022
le Jeudi 30 juin 2022 17:18 MRC D'ARGENTEUIL RCM

Des chansons pour aller mieux

Robert Simard a accepté d’interpréter la 2e chanson du projet d’écriture d’Émilie Lavigne.  — Photo François Daniel  
Robert Simard a accepté d’interpréter la 2e chanson du projet d’écriture d’Émilie Lavigne.
Photo François Daniel  
La pandémie, l’inflation, l’état de la planète, la guerre en Ukraine, les divisions aux États-Unis, autant de sujets qui, mine de rien, ont valu deux années difficiles à la population mondiale. Le monde est anxieux et notre coin de pays n’est pas épargné.  

Selon le magazine l’Actualité, une étude effectuée en janvier dernier auprès de 33 000 jeunes Québécois de 12 à 25 ans démontre que près du tiers d’entre eux souffrent d’anxiété à des degrés divers. C’est trois fois plus qu’avant la pandémie.  Du côté d’Argenteuil, la MRC a commandé en décembre 2020 un sondage auprès de 314 jeunes âgés de 15 à 29 ans. Effectuée par la maison Léger, cette enquête révèle que 38% des répondants avaient une vision négative de leur santé mentale alors qu’ils n’étaient que 21% avant la pandémie. On révèle que la majorité d’entre eux ne sauraient pas à qui s’adresser s’ils avaient un jour besoin d’aide.  

Certains esprits chagrins diront que cette anxiété provient de l’éducation, qu’elle découle d’une surprotection des enfants-rois à qui on n’a pas transmis les outils pour faire face à la musique parfois grinçante de la vie en société. Il y a probablement du vrai là-dedans, mais une chose est certaine, l’anxiété est bien réelle et elle paralyse ceux qui en sont victimes.  

La santé mentale est donc à l’ordre du jour dans les écoles, mais aussi dans la société en général. C’est pourquoi on entreprend un peu partout sur le territoire des campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’hygiène mentale et sur les moyens de dépister les troubles causés par l’anxiété, l’angoisse, le stress et autres ennuis qui empoisonnent la vie quotidienne.   

À Lachute, Émilie Lavigne, une jeune orthopédagogue, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Devant le désarroi d’une jeunesse anxieuse, elle a créé un projet de sensibilisation à la santé mentale intitulé «Un Pas dans ta brume». Il s’agit d’utiliser les arts pour instruire. En l’occurrence, mettre la musique au service de la sensibilisation aux problèmes qui peuvent affecter la santé mentale.   

Émilie a d’abord réuni les organisations psychosociales de la région dont les activités ont un rapport avec la santé mentale.  Elle s’est ensuite assurée de leur collaboration à l’occasion de la publication d’une chanson tous les deux mois ayant pour thème une de leur préoccupation. C’est ainsi que la première chanson, UN PAS DANS TA BRUME rendue publique au mois d’avril dernier, a été produite en association avec le Centre aux Sources d’Argenteuil, un OBNL qui entend briser l’isolement lié aux maladies mentales. L’organisme choisi utilise la chanson pour informer la population sur ses activités et organiser des ateliers spécifiques.   

Comme dans la vie, tout est une question de sous, Mme Lavigne est parvenue à convaincre plusieurs partenaires de la pertinence de sa démarche. La MRC d’Argenteuil, le Carrefour Jeunesse-Emploi, La Coopérative de santé mentale d’Argenteuil, les clubs Lions et Richelieu d’Argenteuil de même que les Chevaliers de Colomb de Lachute sans oublier la députée Agnès Grondin ont tous mis la main dans leurs poches pour soutenir le projet.  Au 22 juin, le projet avait en caisse 23,050$ soit plus de la moitié de l’objectif de 40 000$ requis pour réaliser la totalité du projet qui doit s’étendre sur au moins deux ans, puisqu’on prévoit publier douze ou treize chansons à raison d’une chanson tous les deux mois.   

La seconde chanson du projet porte sur l’anxiété et s’intitule L’OISEAU MOQUEUR. Elle décrit l’angoisse d’un individu qui perd tous ses moyens à la perspective de se rendre au travail. «À deux pas du bureau, mes pieds s’arrêtent/ mon esprit et ma tête sont embrouillés/de peine et de misère, je dois respirer.» Des mots que ceux qui se sentent mal à la seule idée d’aller rencontrer des gens ou même de sortir de chez soi n’auront pas de difficulté à comprendre.   

C’est Robert Simard, initiateur pédagogique au Centre Jeunesse-emploi qui a interprété la chanson mise en musique par Guillaume Jabbour. C’est avec enthousiaste que le «front man» du Henri Band a accepté l’invitation d’Émilie Lavigne d’enregistrer la chanson.  

À la question de savoir quel avenir on envisage une fois le projet terminé, Émilie Lavigne dit que rien n’est officiellement arrêté. On a songé à la publication d’un disque, mais cette hypothèse a peu de chances de se réaliser compte tenu de l’obsolescence des CD. Diffusion sur YouTube? La première chanson y est déjà disponible ainsi qu’une touchante vidéo scénarisée par Émilie. Un blitz radio? Ce n’est pas exclu, mais pour le moment, Émilie Lavigne consacre ses efforts à l’écriture des chansons. L’idée d’un spectacle est dans l’air. Enfin, on verra bien dans quelques mois.